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Est-ce un péché de ne pas pardonner ?

oui

Jésus lie les deux dans la même phrase : « si vous ne pardonnez pas aux hommes, votre Père ne vous pardonnera pas non plus vos offenses » (). Refuser de pardonner engage donc le pardon que tu reçois toi-même. Le texte ne demande nulle part d'oublier ce qui s'est passé, ni de refaire confiance à celui qui t'a fait du mal.

le pardon apparaît dans 145 versets de la Louis Segond (93 dans l'Ancien Testament, 52 dans le Nouveau), répartis sur 35 livres, de Genèse 18:24 à 1 Jean 2:12.

Le scan compte « pardon » et toutes ses formes, du nom au verbe pardonner.

Jésus lie le pardon que tu reçois à celui que tu donnes

La phrase arrive juste après la prière que Jésus enseigne à ses disciples. Il la commente en deux versets : « Si vous pardonnez aux hommes leurs offenses, votre Père céleste vous pardonnera aussi » (), puis « si vous ne pardonnez pas aux hommes, votre Père ne vous pardonnera pas non plus vos offenses » ().

Le même lien revient chez Marc, dans un contexte de prière : « lorsque vous êtes debout faisant votre prière, si vous avez quelque chose contre quelqu'un, pardonnez, afin que votre Père qui est dans les cieux vous pardonne aussi vos offenses » (). Deux évangiles posent la même condition, avec les mêmes mots.

Le serviteur à qui on remet tout et qui ne remet rien

Pierre demande combien de fois pardonner : « Sera-ce jusqu'à sept fois ? » (). Jésus répond « Je ne te dis pas jusqu'à sept fois, mais jusqu'à septante fois sept fois » (), et il enchaîne sur l'histoire d'un serviteur qui devait dix mille talents à son maître (). Le maître finit par lui remettre la dette entière, en .

Sorti de là, le même homme attrape « un de ses compagnons qui lui devait cent deniers » () et le fait jeter en prison. Le maître le rappelle : « ne devais-tu pas aussi avoir pitié de ton compagnon, comme j'ai eu pitié de toi ? » (). La conclusion est dans le texte : « C'est ainsi que mon Père céleste vous traitera, si chacun de vous ne pardonne à son frère de tout son cœur » ().

Pardonner et refaire confiance sont deux gestes différents

Luc pose une condition qui surprend : « Si ton frère a péché, reprends-le ; et, s'il se repent, pardonne-lui » (). Reprendre quelqu'un, c'est lui dire en face ce qu'il a fait. Le texte demande donc de parler, et il laisse la réconciliation dépendre de ce que l'autre reconnaît.

Une femme trompée par son mari peut lui pardonner et refuser de revivre avec lui. Une victime peut pardonner et porter plainte. Aucun verset ne demande d'effacer les conséquences d'un acte : Jésus pardonne à ceux qui le mettent en croix, « Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu'ils font » (), et l'exécution suit son cours.

Pardonner à quelqu'un qui ne demande rien

Faut-il pardonner à quelqu'un qui ne demande pas pardon ?

Oui. Jésus le fait au pire moment : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu'ils font » (), et personne n'avait rien demandé. Le repentir de l'autre ouvre la réconciliation (), il ne commande pas ta décision de lâcher la dette.

Est-ce un péché de garder de la rancune ?

Le texte la nomme dans la même phrase que la vengeance : « Tu ne te vengeras point, et tu ne garderas point de rancune contre les enfants de ton peuple » (). La rancune gardée est visée autant que le geste qu'elle prépare.

Et si je n'y arrive pas ?

Le texte parle d'une décision, jamais d'un sentiment qui s'éteindrait sur commande. donne la mesure : « De même que Christ vous a pardonné, pardonnez-vous aussi. » Décide, dis-le à Dieu dans ta prière, et recommence chaque fois que la colère remonte.

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