Jérusalem dans la Bible
La ville la plus nommée de la Bible entre en scène du mauvais côté : son roi combat Josué. David en fait sa capitale, Dieu y met son nom, elle brûle, elle est rebâtie, Jésus pleure sur elle, et la Bible se termine par sa version céleste.
Étymologie discutée : le nom est traditionnellement rapproché de shalom, la paix, et compris comme « fondation de la paix ».
La première Jérusalem de la Bible est ennemie : « Adoni-Tsédek, roi de Jérusalem », monte en coalition contre Josué (), et la ville restera cananéenne pendant toute l'époque des juges. C'est David qui la prend : « David s'empara de la forteresse de Sion : c'est la cité de David » (). Une capitale neuve, sans passé israélite, à cheval entre le nord et le sud.
Salomon y bâtit la maison, et le texte donne à la ville son titre : « Jérusalem, la ville que j'ai choisie pour y mettre mon nom » (). Les Psaumes en font une affection : « Demandez la paix de Jérusalem » (), et l'exil, un serment : « Si je t'oublie, Jérusalem, que ma droite m'oublie ! » ().
Car la ville choisie n'est pas une ville immunisée. Nebucadnetsar la prend et son officier « brûla la maison de l'Éternel, la maison du roi, et toutes les maisons de Jérusalem » (). Le retour d'exil la retrouve en l'état : « Jérusalem est détruite, et ses portes sont consumées par le feu ! Venez, rebâtissons » (). Et les prophètes continuent de veiller : « Pour l'amour de Jérusalem je ne prendrai point de repos » ().
Jésus monte vers elle en connaissant le dossier : « il ne convient pas qu'un prophète périsse hors de Jérusalem » (). Devant la ville, il pleure : « Comme il approchait de la ville, Jésus, en la voyant, pleura sur elle » (), « Si toi aussi, au moins en ce jour qui t'est donné, tu connaissais les choses qui appartiennent à ta paix ! » (). La ville de la paix ne reconnaît pas sa visite.
C'est pourtant d'elle que tout repart : la repentance et le pardon seront prêchés à toutes les nations, « à commencer par Jérusalem » (). Le lieu du rejet devient le point de départ de la mission.
La fin de la Bible dédouble la ville. Paul oppose déjà la Jérusalem actuelle à « la Jérusalem d'en haut », qui « est libre, c'est notre mère » (). Et l'Apocalypse montre la version définitive : « je vis descendre du ciel, d'auprès de Dieu, la ville sainte, la nouvelle Jérusalem, préparée comme une épouse » (). L'histoire de la ville se termine par une ville qui descend.
Ce que ce lieu nous apprend
- La ville que Dieu choisit pour son nom () commence ennemie et finit céleste : rien dans son histoire n'est acquis d'avance, tout y est donné.
- Être choisie ne l'a pas dispensée du jugement : Jérusalem brûle en 2 Rois 25 comme les prophètes l'avaient dit. L'élection, dans la Bible, augmente la responsabilité.
- Jésus pleure sur la ville avant d'y mourir () : le jugement annoncé n'exclut pas les larmes de celui qui l'annonce.
Les passages où Jérusalem apparaît
Le nom apparaît dans 771 versets de la Segond, de Josué 10:1 à Apocalypse 21:10. Compte calculé sur le corpus, pas estimé. Les passages ci-dessous sont les moments clés, pas la liste complète.
David prend la forteresse de Sion
« Mais David s’empara de la forteresse de Sion : c’est la cité de David. »
2 Samuel 5:7
Jésus pleure sur la ville
« Comme il approchait de la ville, Jésus, en la voyant, pleura sur elle, et dit : »
Luc 19:41
La nouvelle Jérusalem
« Et je vis descendre du ciel, d’auprès de Dieu, la ville sainte, la nouvelle Jérusalem, préparée comme une épouse qui s’est parée pour son époux. »
Apocalypse 21:2
En une phrase
Jérusalem est la ville où Dieu a mis son nom, qui a brûlé, qui a fait pleurer Jésus, d'où la mission est partie, et dont la Bible promet la version qui descend du ciel.
Lis le Psaume 122, puis . La page combien de fois Jérusalem donne les comptes exacts : aucune ville n'est plus nommée dans la Bible. Le bâtiment qui a porté son histoire a son compte : le temple, jusqu'à la ville qui n'en a plus.