Sion dans la Bible
Le nom que la Bible donne à Jérusalem quand elle chante. Une forteresse prise par David, devenue la montagne de l'élection, du deuil des exilés et du retour, jusqu'à l'agneau debout sur la montagne de Sion à la fin du livre.
Étymologie discutée : le nom désigne d'abord la forteresse jébusienne que David prend (), avant de devenir le nom poétique de Jérusalem entière.
Au départ, Sion est un objectif militaire : « David s'empara de la forteresse de Sion : c'est la cité de David » (). Le nom aurait pu rester celui d'une citadelle ; il devient celui de l'élection : « l'Éternel a choisi Sion, il l'a désirée pour sa demeure » (), « C'est moi qui ai oint mon roi sur Sion, ma montagne sainte ! » ().
C'est le nom des émotions d'Israël. La fierté : « Belle est la colline, joie de toute la terre, la montagne de Sion » (). Le deuil : « Sur les bords des fleuves de Babylone, nous étions assis et nous pleurions, en nous souvenant de Sion » (). Le retour : « Quand l'Éternel ramena les captifs de Sion, nous étions comme ceux qui font un rêve » (). La confiance : « Ceux qui se confient en l'Éternel sont comme la montagne de Sion : elle ne chancelle point » ().
Chez les prophètes, Sion devient un point d'origine : « de Sion sortira la loi, et de Jérusalem la parole de l'Éternel » () ; « j'ai mis pour fondement en Sion une pierre, une pierre éprouvée, une pierre angulaire de prix » () ; « celui qui dit à Sion : ton Dieu règne ! » (). Et c'est à la fille de Sion qu'est adressée l'annonce des Rameaux : « Voici, ton roi vient à toi ; il est juste et victorieux, il est humble et monté sur un âne » ().
Le Nouveau Testament reprend la pierre angulaire mot pour mot : « Voici, je mets en Sion une pierre angulaire, choisie, précieuse » (). Puis il élève le nom : « vous vous êtes approchés de la montagne de Sion, de la cité du Dieu vivant, la Jérusalem céleste » ().
La dernière occurrence est une vision : « l'agneau se tenait sur la montagne de Sion, et avec lui cent quarante-quatre mille personnes » (). Le nom pris de force par David finit occupé par l'agneau.
Ce que ce lieu nous apprend
- Sion commence en prise de guerre et finit en montagne de l'agneau : le même nom traverse mille ans de texte en changeant de registre, jamais de centre.
- Le Psautier confie à Sion ses quatre émotions : la fierté, le deuil, le rêve du retour, la confiance qui ne chancelle pas.
- La « pierre angulaire posée en Sion » voyage d' à : le Nouveau Testament cite l'adresse exacte.
Les passages où Sion apparaît
Le nom apparaît dans 167 versets de la Segond, de Deutéronome 4:48 à Apocalypse 14:1. Compte calculé sur le corpus, pas estimé. La première apparition affichée est un homonyme : « la montagne de Sion qui est l'Hermon » (Deutéronome 4:48), tout au nord du pays. La Sion de Jérusalem entre dans le texte en 2 Samuel 5:7. Les passages ci-dessous sont les moments clés, pas la liste complète.
La forteresse prise par David
« Mais David s’empara de la forteresse de Sion : c’est la cité de David. »
2 Samuel 5:7
Le deuil des exilés
« Sur les bords des fleuves de Babylone, Nous étions assis et nous pleurions, en nous souvenant de Sion. »
Psaume 137:1
L'agneau sur la montagne
« Je regardai, et voici, l’agneau se tenait sur la montagne de Sion, et avec lui cent quarante-quatre mille personnes, qui avaient son nom et le nom de son Père écrits sur leurs fronts. »
Apocalypse 14:1
En une phrase
Sion est le nom que la Bible donne à Jérusalem quand elle prie et quand elle chante : forteresse de David, montagne de l'élection, adresse de la pierre angulaire, et dernier promontoire de l'agneau.
Lis le Psaume 137 puis le Psaume 126 : l'exil et le retour, les deux avec le même nom. La fiche de Jérusalem raconte la ville entière.