Vocabulaire biblique

Que signifie « Maranatha » dans la Bible ?

Maranatha est de l'araméen, et les spécialistes hésitent sur son découpage exact : marana tha, « notre Seigneur, viens », ou maran atha, « notre Seigneur est venu ». Le mot apparaît une seule fois dans toute la Bible, à la toute fin d'une lettre de Paul, sans traduction donnée dans le texte lui-même.

Origine

מָרַנָא תָא (marana tha), araméen : notre Seigneur, viens (ou : notre Seigneur est venu).

Entrée du lexique : maran atha (grec) (G3134)

1versets dans la Segond (1 occurrences), de 1 Corinthiens 16:22 à 1 Corinthiens 16:22Compté au build sur le corpus : la forme exacte « Maranatha ».

Un mot araméen dans une lettre écrite en grec, pour des lecteurs grecs

Le verset entier tient en une phrase : « Si quelqu'un n'aime pas le Seigneur, qu'il soit anathème ! Maranatha » (). Paul écrit à des chrétiens de Corinthe, une ville grecque, dans une lettre en grec : garder ce mot araméen sans le traduire suppose qu'il était déjà connu et prononcé tel quel par les premières communautés chrétiennes, bien au-delà de la Judée.

Le contraste avec le mot qui précède frappe : anathème, en grec, la formule de rejet le plus dur ; Maranatha, en araméen, une attente ou une acclamation adressée au Seigneur. Une phrase de rupture, suivie d'un mot d'espérance.

L'Apocalypse referme le Nouveau Testament sur une prière très proche dans le sens, cette fois en grec : « Celui qui atteste ces choses dit : Oui, je viens bientôt. Amen ! Viens, Seigneur Jésus ! » (). Le mot araméen conservé par Paul et l'appel grec de l'Apocalypse portent la même attente.

Le mot en situation, dans le texte

« Si quelqu’un n’aime pas le Seigneur , qu’il soit anathème ! Maranatha. »

« Celui qui atteste ces choses dit : Oui, je viens bientôt. Amen ! Viens, Seigneur Jésus ! »

Les questions qui suivent

Maranatha veut-il dire « viens » ou « est venu » ?

Les deux lectures sont défendues, selon qu'on découpe le mot marana tha (« notre Seigneur, viens », un appel) ou maran atha (« notre Seigneur est venu », une affirmation). Le texte grec de ne tranche pas, faute d'espace entre les mots dans les manuscrits les plus anciens.

Pourquoi Paul n'a-t-il pas traduit ce mot pour des lecteurs grecs ?

Sans doute parce que le mot fonctionnait déjà comme une formule fixe dans la prière des premières communautés, reprise telle quelle d'une Église à l'autre, comme Amen ou Alléluia. Le garder en araméen signalait son usage liturgique plutôt qu'un sens à expliquer.

Ce mot a-t-il un lien avec la fin de l'Apocalypse ?

Le contenu se rejoint sans que le mot soit repris : exprime en grec la même attente, « Viens, Seigneur Jésus ! ». Maranatha est la trace la plus ancienne connue de cette prière, dans la langue même de Jésus.

En une phrase

Maranatha, « notre Seigneur, viens » en araméen, ferme une lettre de Paul écrite en grec () : la plus ancienne prière chrétienne connue, conservée dans la langue de Jésus lui-même.

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