Que signifie « Géhenne » dans la Bible ?
Géhenne vient de l'hébreu gê Hinnom, « la vallée de Hinnom », un lieu géographique réel au sud de Jérusalem. Avant de désigner le jugement dernier dans la bouche de Jésus, ce nom a porté l'histoire précise d'enfants sacrifiés par le feu, que des rois d'Israël ont fini par interdire.
Origine
גֵּי הִנֹּם (gê Hinnom), hébreu : la vallée de Hinnom.
Entrée du lexique : geenna (grec) (G1067)
Un lieu de sacrifices d'enfants, devenu un mot pour le jugement
L'histoire de la vallée est écrite noir sur blanc : « Ils ont bâti des hauts lieux à Topheth dans la vallée de Ben-Hinnom, pour brûler au feu leurs fils et leurs filles » (). Le roi Josias y met fin par une réforme religieuse : « Le roi souilla Topheth dans la vallée des fils de Hinnom, afin que personne ne fît plus passer son fils ou sa fille par le feu en l'honneur de Moloc » (). Jérémie annonce que le lieu deviendra un symbole de jugement : « on ne dira plus Topheth et la vallée de Ben-Hinnom, mais... la vallée du carnage » ().
Jésus reprend ce nom, transformé en géhenne dans le texte grec, pour désigner un jugement dernier, distinct du simple lieu des morts : « craignez plutôt celui qui peut faire périr l'âme et le corps dans la géhenne » (). Le mot revient douze fois dans les évangiles, jamais dans le reste du Nouveau Testament sauf une fois chez Jacques ().
Le mot clôt aussi l'échelle de gravité du Sermon sur la montagne, juste après Raca : « celui qui lui dira : Insensé ! mérite d'être puni par le feu de la géhenne » (). D'un lieu où des enfants étaient brûlés, le nom devient, dans la bouche de Jésus, l'image ultime d'un jugement à ne pas prendre à la légère.
Le mot en situation, dans le texte
« Ils ont bâti des hauts lieux à Topheth dans la vallée de Ben-Hinnom, Pour brûler au feu leurs fils et leurs filles : Ce que je n’avais point ordonné, Ce qui ne m’était point venu à la pensée. »
« Le roi souilla Topheth dans la vallée des fils de Hinnom, afin que personne ne fît plus passer son fils ou sa fille par le feu en l’honneur de Moloc. »
« Ne craignez pas ceux qui tuent le corps et qui ne peuvent tuer l’âme ; craignez plutôt celui qui peut faire périr l’âme et le corps dans la géhenne. »
Les questions qui suivent
La géhenne est-elle un lieu réel ?
Le nom vient d'un lieu géographique réel, la vallée de Hinnom, au sud de Jérusalem, où des sacrifices d'enfants par le feu ont eu lieu avant d'être interdits par le roi Josias (). Jésus reprend ce nom pour désigner, par extension, le jugement dernier.
Géhenne et enfer sont-ils le même mot dans le texte original ?
Non : le grec du Nouveau Testament emploie plusieurs mots que le français traduit tous par « enfer » selon les éditions, dont géhenne (gehenna) et séjour des morts (hadès). Géhenne, seul, porte cette origine précise liée à la vallée de Hinnom.
Pourquoi Jérémie annonce-t-il un changement de nom pour cette vallée ?
Parce que le lieu deviendra, selon lui, un cimetière de fortune faute de place ailleurs : « on ne dira plus Topheth et la vallée de Ben-Hinnom, mais... la vallée du carnage » (), un jugement annoncé sur ceux qui y ont sacrifié leurs enfants.
En une phrase
Géhenne, du nom de la vallée de Hinnom où des enfants étaient sacrifiés par le feu avant d'être interdit par le roi Josias (), devient dans la bouche de Jésus le mot pour désigner le jugement dernier ().
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