Qui est Guéhazi dans la Bible ?
Le serviteur d'Élisée. Témoin direct des plus grands miracles de son maître. Il court derrière Naaman pour monnayer une guérison gratuite, et repart avec sa lèpre.
En hébreu, Guéhazi : étymologie incertaine, souvent lue « vallée de la vision ».
Guéhazi est d'abord un serviteur efficace. Dans l'histoire de la Sunamite, c'est lui qui signale qu'elle n'a pas de fils (), lui qu'Élisée envoie en avant avec son bâton quand l'enfant meurt (). Il revient constater l'échec : « L'enfant ne s'est pas réveillé » (). Il voit donc, de l'intérieur, ce que son maître peut et ne peut pas.
Puis vient Naaman.
Élisée a refusé tout présent du général guéri, malgré son insistance (). Guéhazi, lui, fait ses comptes : « l'Éternel est vivant ! je vais courir après lui, et j'en obtiendrai quelque chose » (). Il jure par l'Éternel avant de frauder. Il rattrape le char, invente deux fils de prophètes à habiller, et repart avec deux talents d'argent et deux vêtements de rechange, que Naaman lui donne de bon cœur ().
Il cache le tout, se présente à son maître, et ment une seconde fois : « Ton serviteur n'est allé ni d'un côté ni d'un autre » (). Réponse d'Élisée : « Mon esprit n'était pas absent, lorsque cet homme a quitté son char pour venir à ta rencontre » (). Puis la sentence : « La lèpre de Naaman s'attachera à toi et à ta postérité pour toujours » (). Guéhazi sort de la pièce avec « une lèpre comme la neige ».
Le chapitre est construit en miroir : le Syrien lépreux repart pur et croyant, le serviteur israélite repart lépreux. Ce que Naaman a laissé dans le Jourdain, Guéhazi est allé le chercher en courant.
On le retrouve pourtant en , en train de raconter au roi « toutes les grandes choses qu'Élisée a faites ». Au moment précis où il raconte la résurrection du fils de la Sunamite, la mère entre pour réclamer sa maison, et son témoignage appuie la requête.
Ce que son histoire nous apprend
- La gratuité faisait partie du message : Élisée avait refusé pour que la guérison de Naaman ne doive rien à personne, et y remettre un prix en détruisait le sens (, 20).
- Élisée nomme le vrai problème avec une liste : argent, vêtements, oliviers, vignes, brebis, bœufs, serviteurs () ; derrière un talent d'argent, c'était un patrimoine entier que Guéhazi commençait.
- Voir les miracles de près ne garde de rien : Guéhazi a assisté à une résurrection et fraude au chapitre suivant.
Les passages où Guéhazi apparaît
Le nom apparaît dans 17 versets de la Segond, de 2 Rois 4:12 à 2 Rois 8:5. Compte calculé sur le corpus, pas estimé. Les passages ci-dessous sont les moments clés, pas la liste complète.
Le calcul
« Guéhazi, serviteur d’Élisée, homme de Dieu, se dit en lui-même : Voici, mon maître a ménagé Naaman, ce Syrien, en n’acceptant pas de sa main ce qu’il avait apporté ; l’Éternel est vivant ! je vais courir après lui, et j’en obtiendrai quelque chose. »
2 Rois 5:20
Le mensonge au prophète
« Puis il alla se présenter à son maître. Élisée lui dit : D’où viens-tu, Guéhazi ? Il répondit : Ton serviteur n’est allé ni d’un côté ni d’un autre. »
2 Rois 5:25
La lèpre de Naaman
« La lèpre de Naaman s’attachera à toi et à ta postérité pour toujours. Et Guéhazi sortit de la présence d’Élisée avec une lèpre comme la neige. »
2 Rois 5:27
En une phrase
Guéhazi a voulu facturer une grâce que son maître avait rendue gratuite, et il a hérité de la seule chose que Naaman avait laissée derrière lui : sa lèpre.
Lis 2 Rois 5 d'un trait : le récit de Naaman s'arrête au verset 19, celui de Guéhazi commence au verset 20. Puis demande à le chatbot ce qu'Actes 8 raconte d'un homme qui voulait, lui aussi, acheter ce qui ne se vend pas.