Qui est Balaam dans la Bible ?
Un devin de Mésopotamie, payé par un roi pour maudire Israël. Dieu ne le laisse prononcer que des bénédictions. Et le Nouveau Testament cite son nom trois fois, toujours en avertissement.
En hébreu, Bil'am : étymologie discutée ; des lecteurs anciens y entendaient « dévoreur du peuple ».
Balak, roi de Moab, voit Israël camper à ses frontières et envoie chercher Balaam, un devin de Pethor, avec le salaire de la divination. La commande est claire : maudire ce peuple. La réponse de Dieu aussi : « Tu n'iras point avec eux ; tu ne maudiras point ce peuple, car il est béni » ().
Balaam parle pourtant très bien : « Quand Balak me donnerait sa maison pleine d'argent et d'or, je ne pourrais faire aucune chose, ni petite ni grande, contre l'ordre de l'Éternel, mon Dieu » (). Mais il finit par se mettre en route, et un ange vient lui barrer le chemin. Le devin ne voit rien. Son ânesse, si. Elle s'arrête trois fois, Balaam la frappe trois fois, et « l'Éternel ouvrit la bouche de l'ânesse » (). Le voyant est le seul aveugle de la scène ; retiendra qu'une ânesse muette a arrêté la démence du prophète.
Trois fois, Balak le fait monter sur les hauteurs pour maudire. Trois fois, il ne sort que des bénédictions : « Comment maudirais-je celui que Dieu n'a point maudit ? » (). Balak s'étrangle : « C'est pour maudire mes ennemis que je t'ai appelé, et voici, tu les as bénis déjà trois fois » (). Un quatrième oracle va plus loin encore : « Un astre sort de Jacob, Un sceptre s'élève d'Israël » ().
L'histoire pourrait s'arrêter sur ce prophète malgré lui. Elle continue plus bas.
Nombres 25 raconte Israël entraîné dans la débauche et l'idolâtrie avec les filles de Moab, à Peor : la plaie qui suit tue par milliers. Et en révèle l'auteur : c'est « sur la parole de Balaam » que ces femmes ont fait tomber le peuple. Ce que la malédiction n'a pas pu faire, la séduction l'a fait. Balaam meurt par l'épée avec les rois de Madian (), et lui laisse son titre : « le devin Balaam ».
Le Nouveau Testament en tire trois avertissements distincts : la voie de Balaam, celui qui « aima le salaire de l'iniquité » () ; l'égarement de Balaam, où l'on se jette « pour un salaire » () ; et la doctrine de Balaam, celle qui enseigne à mettre une pierre d'achoppement devant le peuple de Dieu ().
Ce que son histoire nous apprend
- On peut prononcer des paroles exactes sur Dieu et travailler contre lui : les oracles de Balaam sont vrais, sa fin le condamne.
- Dieu tient sa bénédiction contre le devin payé pour l'inverse : « l'Éternel, ton Dieu, a changé pour toi la malédiction en bénédiction » ().
- Ce qui n'a pas pu entrer par la malédiction est entré par la séduction : l'affaire de Peor a fait plus de dégâts qu'aucun oracle, et c'est elle que Jésus rappelle aux Églises dans .
Les passages où Balaam apparaît
Le nom apparaît dans 66 versets de la Segond, de Nombres 22:5 à Apocalypse 2:14. Compte calculé sur le corpus, pas estimé. Les passages ci-dessous sont les moments clés, pas la liste complète.
L'ânesse et l'ange
« L’Éternel ouvrit la bouche de l’ânesse, et elle dit à Balaam : Que t’ai je fait, pour que tu m’aies frappée déjà trois fois ? »
Nombres 22:28
Bénir au lieu de maudire
« Comment maudirais-je celui que Dieu n’a point maudit ? Comment serais-je irrité quand l’Éternel n’est point irrité ? »
Nombres 23:8
La doctrine de Balaam
« Mais j’ai quelque chose contre toi, c’est que tu as là des gens attachés à la doctrine de Balaam, qui enseignait à Balak à mettre une pierre d’achoppement devant les fils d’Israël, pour qu’ils mangeassent des viandes sacrifiées aux idoles et qu’ils se livrassent à l’impudicité. »
Apocalypse 2:14
En une phrase
Balaam a prononcé sur Israël les bénédictions que Dieu lui imposait, puis a vendu le moyen de faire tomber ce même peuple ; le Nouveau Testament a gardé son nom comme celui du don mis au service d'un salaire.
Nombres 22 à 24 se lit comme un récit complet, l'ânesse comprise. Lis-le, puis demande à le chatbot pourquoi trois auteurs du Nouveau Testament reviennent sur cet homme.