Mont Carmel dans la Bible
Deux lieux distincts portent ce nom dans la Bible. Une montagne au nord d'Israël est le théâtre du duel d'Élie contre les prophètes de Baal et de plusieurs miracles d'Élisée. Une ville de Juda, homonyme, est liée à Nabal, à sa femme Abigaïl, puis à David.
En hébreu, Karmel : le mot est rapproché de kerem, « vigne », et généralement compris comme « jardin » ou « verger ». Deux lieux distincts portent ce nom dans la Bible, une montagne et une ville de Juda, sans lien entre eux.
Le nom Carmel désigne deux lieux distincts dans la Bible, et Josué les distingue déjà dans deux listes séparées. Une ville de Juda porte ce nom, citée parmi les localités de la région de Maon : « Maon, Carmel, Ziph, Juta » (). Une montagne porte le même nom, citée comme borne du territoire d'Aser, près de la mer : « elle touchait, vers l'occident, au Carmel et au Schichor-Libnath » (). Rien ne relie ces deux lieux, sinon le nom.
La ville de Juda entre dans le récit avec Saül, qui s'y arrête après une victoire : « Saül est allé à Carmel, et voici, il s'est érigé un monument » (). Une génération plus tard, un homme riche y possède ses troupeaux : « Il y avait à Maon un homme fort riche, possédant des biens à Carmel ; il avait trois mille brebis et mille chèvres » (). Cet homme s'appelle Nabal ; sa femme se nomme Abigaïl (). Après la mort de Nabal, David envoie ses serviteurs la chercher : « Les serviteurs de David arrivèrent chez Abigaïl à Carmel, et lui parlèrent ainsi : David nous a envoyés vers toi, afin de te prendre pour sa femme » (). Abigaïl garde son nom de lieu jusque dans les généalogies de David : « le second, Daniel, d'Abigaïl de Carmel » (). Un des guerriers de David porte la même origine : « Hetsraï, de Carmel » ().
Sur la montagne, des siècles plus tard, Élie convoque tout Israël pour un affrontement avec les prophètes de Baal : « Fais maintenant rassembler tout Israël auprès de moi, à la montagne du Carmel, et aussi les quatre cent cinquante prophètes de Baal » (). Devant le peuple partagé, il pose la question : « Jusqu'à quand clocherez-vous des deux côtés ? Si l'Éternel est Dieu, allez après lui ; si c'est Baal, allez après lui ! » (). Après le silence des prophètes de Baal, le feu tombe sur l'autel d'Élie : « le feu de l'Éternel tomba, et il consuma l'holocauste, le bois, les pierres et la terre » (). Le peuple tombe sur son visage : « C'est l'Éternel qui est Dieu ! C'est l'Éternel qui est Dieu ! » ().
Le même jour, sur ce sommet, Élie prie pour la fin d'une sécheresse : « Élie monta au sommet du Carmel ; et, se penchant contre terre, il mit son visage entre ses genoux » (). La pluie revient peu après : « le ciel s'obscurcit par les nuages, le vent s'établit, et il y eut une forte pluie » ().
Après l'enlèvement d'Élie, la montagne reste liée à son successeur. Élisée s'y rend en traversant le pays : « De là il alla sur la montagne du Carmel, d'où il retourna à Samarie » (). Plus tard, une femme de Sunem y monte le trouver pour son fils mort : « Elle partit donc et se rendit vers l'homme de Dieu sur la montagne du Carmel » ().
Les poètes et les prophètes prennent ensuite la montagne comme mesure. Le Cantique des Cantiques compare une tête dressée à sa hauteur : « Ta tête est élevée comme le Carmel » (). Ésaïe promet à un désert « la magnificence du Carmel » comme signe de restauration (), et Jérémie annonce le retour d'Israël vers « ses pâturages du Carmel » (). Le même nom sert aussi à décrire le jugement : « le Carmel est un désert », écrit Jérémie ailleurs (), « le sommet du Carmel est desséché », écrit Amos (), et Nahum note que « le Basan et le Carmel languissent » (). La montagne connue pour sa fertilité sert aussi de mesure à sa perte.
Ce que ce lieu nous apprend
- La Bible connaît deux Carmel : une montagne au nord d'Israël, où se joue le duel d'Élie contre les prophètes de Baal, et une ville de Juda liée à Nabal puis à Abigaïl, femme de David. Josué les cite déjà séparément ( et 19:26).
- Sur la montagne, le feu tombe devant tout le peuple (), puis Élie monte au sommet prier pour la pluie qui met fin à la sécheresse ().
- Les prophètes prennent la montagne comme mesure : sa fertilité décrit la restauration promise (), son dessèchement décrit le jugement ().
Les passages où Mont Carmel apparaît
Le nom apparaît dans 31 versets de la Bible Louis Segond, de Josué 12:22 à Nahum 1:4. Compté sur le texte, pas estimé. Le compte regroupe deux lieux distincts qui partagent le même nom en hébreu comme en français : la montagne au nord d'Israël, où Élie affronte les prophètes de Baal (1 Rois 18) et où Élisée revient ensuite (2 Rois 2:25, 2 Rois 4:25), et une ville de Juda, près de Maon, où vivent Nabal puis Abigaïl avant qu'elle épouse David (1 Samuel 25, 2 Samuel 2:2, 2 Samuel 3:3, 1 Chroniques 3:1, 1 Chroniques 11:37, 2 Samuel 23:35). Josué cite déjà les deux séparément, en 15:55 pour la ville et en 19:26 pour la montagne. Les passages ci-dessous sont les moments clés, pas la liste complète.
Le feu tombe sur l'autel d'Élie
« Et le feu de l’Éternel tomba, et il consuma l’holocauste, le bois, les pierres et la terre, et il absorba l’eau qui était dans le fossé. »
1 Rois 18:38
Abigaïl de Carmel épouse David
« Les serviteurs de David arrivèrent chez Abigaïl à Carmel, et lui parlèrent ainsi : David nous a envoyés vers toi, afin de te prendre pour sa femme. »
1 Samuel 25:40
La montagne dans la promesse du retour
« Je ramènerai Israël dans sa demeure ; Il aura ses pâturages du Carmel et du Basan, Et son âme se rassasiera sur la montagne d’Éphraïm et dans Galaad. »
Jérémie 50:19
En une phrase
Carmel nomme deux lieux dans la Bible : la montagne où Élie fait tomber le feu devant les prophètes de Baal puis prie pour la pluie, et une ville de Juda où Nabal refuse David avant que sa veuve Abigaïl ne devienne la femme de David.
Lis 1 Rois 18 en entier, du défi lancé aux prophètes de Baal jusqu'à la pluie qui tombe. Demande à le chatbot pourquoi Abigaïl, femme de Nabal, porte le nom d'un lieu différent de la montagne d'Élie.