Est-ce un péché de se défendre ?
non
Se défendre n'est jamais condamné dans la Bible. Ce qui l'est, c'est la vengeance : « Ne rendez à personne le mal pour le mal » (). Les deux ne se confondent pas. La veille de son arrestation, Jésus dit à ses disciples d'acheter une épée ().
la vengeance apparaît dans 86 versets de la Louis Segond (78 dans l'Ancien Testament, 8 dans le Nouveau), répartis sur 26 livres, de Genèse 4:15 à Apocalypse 19:2.
Le scan compte « vengeance » et le verbe « venger » sous toutes ses formes.
Jésus ne parle pas nécessairement d'un coup physique
Tu as certainement déjà entendu qu'il fallait « tendre l'autre joue », et que se défendre serait donc en opposition avec ce verset.
Le verset dit exactement : « Si quelqu'un te frappe sur la joue droite, présente-lui aussi l'autre » (). Jésus ne parle pas nécessairement d'un coup physique. Il peut aussi, et surtout, être question d'insultes, d'humiliation et de tout ce qui s'en rapproche. Cela peut également faire référence à une gifle.
Et alors, dans ce cas, si quelqu'un vient m'agresser dans la rue, je ne dis rien ?
Tu as le droit de protéger ta vie face au danger. Tu as aussi évidemment le droit de protéger tes proches.
Mais ce que Jésus veut dire, c'est de ne jamais chercher à attaquer, surtout lorsque cela sert notre ego : pour impressionner les autres, montrer que l'on a une forte personnalité ou simplement rendre le mal pour le mal.
Et au travail ?
« D'accord, mais si mon collègue se moque de moi ? Là, ce n'est pas un coup, ma vie n'est pas en danger. Alors je ne fais rien ? »
Attention : là encore, Jésus ne nous demande pas d'être des serpillières pour les pécheurs.
Si quelqu'un te manque de respect, tu peux et tu dois fixer des limites. En aucun cas, la Bible et l'enseignement de Jésus n'encouragent à accepter d'être humilié par son mari ou sa femme, par un voisin, un collègue ou un inconnu dans la rue.
Mais il ne s'agit pas non plus de faire la guerre à celui qui nous humilie. Il s'agit de poser un cadre ferme, puis, lorsque c'est possible, de s'éloigner de la personne ou de l'environnement qui nous fait du mal.
Et lorsque ce n'est pas possible, par exemple au travail, où tu ne vas pas forcément quitter ton poste, il faut poser clairement ses limites, puis en parler aux personnes compétentes afin que le problème cesse.
Les chrétiens n'ont pas à être mous ou passifs.
Jésus n'est ni mou ni passif.
Jésus n'encourage jamais la violence
Lorsque Pierre, pour se défendre, coupe l'oreille d'un homme venu arrêter le Christ dans le jardin, Jésus le reprend et lui demande de ne pas agir ainsi : « Remets ton épée à sa place ; car tous ceux qui prendront l'épée périront par l'épée » (). Il va même jusqu'à guérir l'oreille de cet homme (). Ce n'était pas un soldat romain : d'après , il s'appelait Malchus, et il était au service du souverain sacrificateur.
Et il faut préciser le contexte : nous sommes à quelques heures seulement de la croix. Jésus porte en lui toute la pression, l'angoisse et la tristesse de ce qui va arriver. Il vient de dire à ses disciples « Mon âme est triste jusqu'à la mort » (), et sa sueur devient « comme des grumeaux de sang, qui tombaient à terre » ().
Pourtant, il ne se laisse pas dominer par ses émotions.
Il remet tout entre les mains de celui qui juge avec justice : Dieu. C'est Pierre lui-même, celui qui avait sorti l'épée, qui l'écrira plus tard : « injurié, ne rendait point d'injures, maltraité, ne faisait point de menaces, mais s'en remettait à celui qui juge justement » ().
Jésus dit à ses disciples d'acheter une épée
« Maintenant, au contraire, que celui qui a une bourse la prenne et que celui qui a un sac le prenne également, que celui qui n'a point d'épée vende son vêtement et achète une épée » (). Jésus parle quelques heures avant d'être arrêté. Les disciples répondent qu'ils en ont deux, il dit que c'est assez.
Il avait donc autorisé l'arme le soir même où il interdit à Pierre de s'en servir pour empêcher son arrestation. Les deux scènes sont dans le même récit, à quelques heures d'écart.
La loi acquitte celui qui frappe un voleur entré de nuit
traite le cas du voleur surpris la nuit : celui qui le frappe n'est pas coupable de meurtre. Le verset suivant précise que si le soleil est levé, il l'est. La loi regarde donc ce que tu pouvais voir et évaluer sur le moment, elle ne sort pas une règle unique pour tous les cas.
Néhémie fait reconstruire les murailles avec des ouvriers armés : ils « travaillaient d'une main et tenaient une arme de l'autre » (). Personne dans le récit ne le leur reproche.
Porter une arme, protéger sa famille, porter plainte
Un chrétien peut-il porter une arme ?
Aucun verset ne l'interdit, et en suppose une. dit ce qu'il en coûte à celui qui s'en sert pour attaquer.
Et défendre ma famille ?
Oui, tu peux. est très dur avec celui qui ne prend pas soin des siens : « il a renié la foi et il est pire qu'un infidèle ». Le verset parle des besoins matériels, et mettre sa famille à l'abri en fait partie.
Porter plainte, est-ce se venger ?
Non. Paul lui-même fait appel à César () et invoque sa citoyenneté romaine quand on veut le battre sans jugement (). Passer par la justice, c'est justement remettre l'affaire à un autre que soi.
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