Pourquoi les deux généalogies de Jésus ne se ressemblent-elles pas ?
Les deux listes partent de David et prennent deux branches différentes. Matthieu passe par Salomon (), Luc par Nathan (), deux fils de David. Elles se séparent là, et elles ne donnent pas le même père à Joseph. Le texte ne dit nulle part laquelle des deux suit quelle lignée.
Les deux listes se séparent à David
Matthieu écrit : « Le roi David engendra Salomon de la femme d'Urie » (), puis descend par les rois de Juda. Luc remonte dans l'autre sens et passe par un autre fils : « fils de Nathan, fils de David » ().
Avant David, les deux listes coïncident. Luc mentionne les mêmes noms qu'on lit chez Matthieu, dans l'ordre inverse : « fils d'Isaï, fils de Jobed, fils de Booz, fils de Salmon, fils de Naasson » (). La divergence commence après le roi, pas avant.
Luc emploie une formule que Matthieu n'emploie pas
« Jésus avait environ trente ans lorsqu'il commença son ministère, étant, comme on le croyait, fils de Joseph, fils d'Héli » (). La précaution « comme on le croyait » est dans le texte, et elle ne figure pas chez Matthieu.
Matthieu, lui, casse la chaîne des engendrements au dernier maillon : il écrit « Joseph, l'époux de Marie, de laquelle est né Jésus » (), sans dire que Joseph a engendré Jésus. Les deux évangiles marquent donc quelque chose au même endroit, chacun à sa manière.
La dernière série de quatorze s'arrête à treize noms
Matthieu ferme sa liste par un décompte : « Il y a donc en tout quatorze générations depuis Abraham jusqu'à David, quatorze générations depuis David jusqu'à la déportation à Babylone, et quatorze générations depuis la déportation à Babylone jusqu'au Christ » (). Les deux premières séries tombent juste quand on compte les noms un par un.
La troisième en donne treize. Après la déportation viennent Salathiel, Zorobabel, Abiud, Éliakim, Azor, Sadok, Achim, Éliud, Éléazar, Matthan, Jacob, Joseph, et le Christ (). Il manque une génération au compte annoncé.
La place laissée libre est celle de la génération qui vit aujourd'hui, la dernière. Matthieu arrête sa liste au Christ, et le quatorzième maillon revient à ceux qui viennent après lui. Une lecture ancienne compte Jéchonias deux fois, à la fin de la deuxième série et au début de la troisième ; le texte ne le dit nulle part.
Ce que le texte ne dit pas
Plusieurs explications circulent depuis des siècles : l'une des deux listes suivrait Marie, ou bien une adoption légale expliquerait le double père. Aucune n'est écrite dans les évangiles. Le texte donne deux listes et ne commente pas leur écart.
Ce qu'on peut affirmer sans sortir du texte tient en deux points : les deux passent par David, et les deux aboutissent à Joseph. C'est ce que chacun des deux évangiles cherche à établir.
Marie, l'adoption, le nombre de générations
L'une des deux est-elle la généalogie de Marie ?
C'est une explication ancienne, et le texte ne la porte pas : Luc écrit « fils de Joseph, fils d'Héli », il nomme Joseph. Rien dans le passage ne mentionne Marie.
Pourquoi Matthieu compte-t-il par quatorze ?
Il l'annonce lui-même à la fin de sa liste, en trois séries de quatorze générations. C'est une mise en forme qu'il assume, et elle explique certains noms absents.
Quelle est la génération qui manque ?
La dernière série ne compte que treize noms, alors que en annonce quatorze. La place vide est celle de la génération vivante, la nôtre : la liste se ferme sur le Christ, et le dernier maillon est celui de ceux qui viennent après lui.
Est-ce que ça remet en cause le récit ?
Les deux évangiles poursuivent le même but : rattacher Jésus à David. Ils y arrivent par deux chemins, et aucun des deux ne prétend donner la liste de l'autre.
Si un passage t'en rappelle un autre qui semble dire le contraire, donne les deux au chatbot : il affichera les deux textes et ce que chacun affirme.