Babylone dans la Bible
Le nom traverse toute la Bible : la tour de Babel dans la Genèse, l'empire qui brûle Jérusalem et déporte Juda, puis la grande cité de l'Apocalypse. À chaque étape, la même figure de l'orgueil humain, et la même chute.
En hébreu, Babel, le nom que rattache à la confusion des langues ; l'akkadien Bab-ilu signifie « porte du dieu ».
La Bible ne présente pas Babylone à son apogée mais à sa fondation. Dans la plaine de Schinear, les hommes disent : « bâtissons-nous une ville et une tour dont le sommet touche au ciel, et faisons-nous un nom » (). L'Éternel confond leur langue et les disperse : « on l'appela du nom de Babel, car c'est là que l'Éternel confondit le langage de toute la terre » (). Babel et Babylone sont un seul et même nom en hébreu. La ville commence par un chantier interrompu.
Des siècles plus tard, la ville est devenue un empire. Et cet empire marche sur Jérusalem.
Nebucadnetsar, roi de Babylone, assiège la ville, la prend, et son chef des gardes achève le travail : « Il brûla la maison de l'Éternel, la maison du roi, et toutes les maisons de Jérusalem » (). Le peuple est emmené captif. L'exil a laissé son psaume : « Sur les bords des fleuves de Babylone, Nous étions assis et nous pleurions, en nous souvenant de Sion » ().
Cet exil a pourtant un terme fixé d'avance : « Dès que soixante-dix ans seront écoulés pour Babylone, je me souviendrai de vous » (). Pendant ces années, Daniel sert à la cour et entend Nebucadnetsar dire, en se promenant dans son palais : « N'est-ce pas ici Babylone la grande, que j'ai bâtie » (). L'orgueil de la tour parle encore dans la bouche du roi, et le chapitre raconte l'humiliation qui suit.
La chute est annoncée avant d'arriver. Ésaïe entend déjà le cri : « Elle est tombée, elle est tombée, Babylone » ().
L'Apocalypse reprend ce cri mot pour mot, pour une Babylone qui n'est plus la ville de Mésopotamie : « Elle est tombée, elle est tombée, Babylone la grande ! » (). Le dernier livre de la Bible donne le nom de la première ville rebelle au pouvoir qui persécute les siens. Ce qui s'ouvre en Genèse 11 se referme à quatre chapitres de la fin.
Ce que ce lieu nous apprend
- De Genèse 11 à Apocalypse 18, Babylone porte le même projet, se faire un nom sans Dieu, et le texte répond deux fois de la même manière : dispersion, puis chute.
- L'exil à Babylone n'est pas une catastrophe sans fin : lui donne un terme daté et une promesse de retour avant même que Jérusalem tombe.
- L'Apocalypse reprend le cri d' mot pour mot : dans la Bible, la chute de Babylone est annoncée des siècles avant d'être racontée.
Les passages où Babylone apparaît
Le nom apparaît dans 267 versets de la Segond, de 2 Rois 17:24 à Apocalypse 18:21. Compte calculé sur le corpus, pas estimé. Babel et Babylone sont un seul et même nom en hébreu ; les deux versets qui écrivent Babel (Genèse 10:10 et 11:9) ne sont pas dans le compte affiché. Les passages ci-dessous sont les moments clés, pas la liste complète.
La tour et la confusion des langues
« C’est pourquoi on l’appela du nom de Babel, car c’est là que l’Éternel confondit le langage de toute la terre, et c’est de là que l’Éternel les dispersa sur la face de toute la terre. »
Genèse 11:9
Jérusalem brûlée par Babylone
« Il brûla la maison de l’Éternel, la maison du roi, et toutes les maisons de Jérusalem ; il livra au feu toutes les maisons de quelque importance. »
2 Rois 25:9
La chute de Babylone la grande
« Il cria d’une voix forte, disant : Elle est tombée, elle est tombée, Babylone la grande ! Elle est devenue une habitation de démons, un repaire de tout esprit impur, un repaire de tout oiseau impur et odieux, »
Apocalypse 18:2
En une phrase
Babylone est la ville où l'homme a voulu se faire un nom, l'empire qui a brûlé Jérusalem, et le nom que la Bible donne jusqu'à sa dernière page à tout pouvoir qui tombe pour s'être pris pour Dieu.
Lis Genèse 11, puis Apocalypse 18 : le même nom ouvre et referme l'histoire. Entre les deux, demande à le chatbot ce que les exilés ont fait à Babylone pendant les soixante-dix ans.