Vocabulaire biblique

Que signifie « Corban » dans la Bible ?

Corban vient de l'hébreu qorban, « offrande », de la racine qarab, s'approcher : ce qu'on apporte pour s'approcher de Dieu. Le mot n'apparaît qu'une fois dans le Nouveau Testament, dans la bouche de Jésus, qui l'emploie pour dénoncer un vœu détourné de son sens.

Origine

קָרְבָּן (qorban), hébreu : offrande, ce qu'on apporte pour s'approcher de Dieu.

Entrées du lexique : qorban (hébreu) (H7133) · korban (grec) (G2878)

1versets dans la Segond (1 occurrences), de Marc 7:11 à Marc 7:11Compté au build sur le corpus : la forme exacte « corban ».

Un vœu religieux qui annule un commandement

Le mot apparaît dans une dénonciation précise : « Mais vous, vous dites : Si un homme dit à son père ou à sa mère : Ce dont j'aurais pu t'assister est corban, c'est-à-dire, une offrande à Dieu » (). Déclarer un bien « corban » le vouait à Dieu et le rendait intouchable, y compris pour celui qui avait prononcé le vœu : il ne pouvait plus servir à un usage ordinaire, pas même à secourir un parent.

Jésus situe cette pratique juste après avoir cité le commandement enfreint : « Vous anéantissez fort bien le commandement de Dieu, pour garder votre tradition » (), et conclut : « vous ne le laissez plus rien faire pour son père ou pour sa mère » (), « annulant ainsi la parole de Dieu par votre tradition » ().

La racine hébraïque qorban, elle, n'a rien d'exotique : c'est un terme courant du Lévitique pour désigner une offrande ordinaire. Ce que Jésus vise n'est pas le mot, mais l'usage légal qu'on en a fait pour se soustraire au commandement.

Le mot en situation, dans le texte

« Mais vous, vous dites : Si un homme dit à son père ou à sa mère : Ce dont j’aurais pu t’assister est corban, c’est-à-dire, une offrande à Dieu, »

« annulant ainsi la parole de Dieu par votre tradition, que vous avez établie. Et vous faites beaucoup d’autres choses semblables. »

Les questions qui suivent

Le mot corban est-il rare dans la Bible ?

Sa racine hébraïque qorban est courante dans le Lévitique, où elle désigne une offrande ordinaire. Seule sa reprise en grec dans , appliquée à ce détournement précis, en fait un mot rare dans le Nouveau Testament : une seule occurrence.

Pourquoi déclarer un bien « corban » dispensait-il d'aider ses parents ?

Le vœu rendait le bien intouchable, y compris par celui qui l'avait prononcé : une fois voué à Dieu, il ne pouvait plus servir à un usage ordinaire, pas même à secourir un père ou une mère dans le besoin ().

Que reproche exactement Jésus dans ce passage ?

Que la tradition invoquée finit par « annulant ainsi la parole de Dieu » (). Le commandement d'honorer ses parents est clair ; le vœu corban, techniquement licite, sert de prétexte pour l'éviter.

En une phrase

Corban, « offrande » en hébreu, désigne un vœu que Jésus dénonce en : déclarer un bien intouchable pour se dispenser, en toute légalité apparente, d'assister ses parents.

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