Lieu biblique

Mer Rouge dans la Bible

Le passage le plus raconté de la Bible. Israël y entre coincé entre l'armée de Pharaon et l'eau, en ressort à sec, et tout le reste du texte s'en souvient, jusqu'à Rahab à Jéricho et à l'épître aux Hébreux.

L'hébreu dit yam souf, « mer des joncs » ; « mer Rouge » vient de la traduction grecque ancienne (érythra thalassa), que les traductions françaises ont gardée.

La mer Rouge apparaît d'abord dans un détail des plaies : le vent qui enlève les sauterelles « les précipita dans la mer Rouge » (). Puis elle devient un itinéraire : « Dieu fit faire au peuple un détour par le chemin du désert, vers la mer Rouge » (). Le chemin court existait ; Dieu choisit l'autre.

Le peuple se retrouve dos à l'eau, l'armée de Pharaon derrière. La réponse de Moïse tient en deux ordres qui n'en font qu'un : « Ne craignez rien, restez en place, et regardez la délivrance que l'Éternel va vous accorder en ce jour » (), aussitôt corrigé par Dieu lui-même : « Pourquoi ces cris ? Parle aux enfants d'Israël, et qu'ils marchent » ().

Le passage est raconté avec les moyens du texte : « l'Éternel refoula la mer par un vent d'orient, qui souffla avec impétuosité toute la nuit ; il mit la mer à sec, et les eaux se fendirent » (). « Les enfants d'Israël entrèrent au milieu de la mer à sec, et les eaux formaient comme une muraille à leur droite et à leur gauche » (). Au matin, la mer reprend sa place sur l'armée lancée à leur suite ().

La première réponse d'Israël est un chant, le plus ancien du livre : « Je chanterai à l'Éternel, car il a fait éclater sa gloire » (), avec la mer Rouge nommée dans la strophe : « Ses combattants d'élite ont été engloutis dans la mer Rouge » ().

L'événement voyage ensuite plus loin que le peuple. Une génération plus tard, à Jéricho, Rahab le cite comme la nouvelle qui a fait fondre les cœurs : « nous avons appris comment, à votre sortie d'Égypte, l'Éternel a mis à sec devant vous les eaux de la mer Rouge » (). Les Psaumes le prient : « Il menaça la mer Rouge, et elle se dessécha » ().

Le Nouveau Testament le range parmi les actes de foi : « C'est par la foi qu'ils traversèrent la mer Rouge comme un lieu sec, tandis que les Égyptiens qui en firent la tentative furent engloutis » (). Le même passage sauve les uns et engloutit les autres : tout dépend de qui ouvre la route.

Ce que ce lieu nous apprend

  • Dieu choisit le détour par la mer () : l'itinéraire le plus court n'est pas toujours celui de la délivrance racontée par la Bible.
  • Exode 14 tient ensemble « restez en place » et « qu'ils marchent » : la confiance n'est ni de l'agitation ni de l'immobilisme, elle avance quand l'ordre est donné.
  • La traversée devient un argument de foi pour une étrangère () : le récit de ce que Dieu a fait voyage plus vite que le peuple qui l'a vécu.

Les passages où Mer Rouge apparaît

Le nom apparaît dans 26 versets de la Segond, de Exode 10:19 à Hébreux 11:29. Compte calculé sur le corpus, pas estimé. Le compte suit l'expression française « mer Rouge » ; l'hébreu yam souf désigne littéralement la mer des joncs. Les passages ci-dessous sont les moments clés, pas la liste complète.

Les eaux fendues, la muraille d'eau

« Les enfants d’Israël entrèrent au milieu de la mer à sec, et les eaux formaient comme une muraille à leur droite et à leur gauche. »

Exode 14:22

Le chant après le passage

« Il a lancé dans la mer les chars de Pharaon et son armée ; Ses combattants d’élite ont été engloutis dans la mer Rouge. »

Exode 15:4

Rangée parmi les actes de foi

« C’est par la foi qu’ils traversèrent la mer Rouge comme un lieu sec, tandis que les Égyptiens qui en firent la tentative furent engloutis. »

Hébreux 11:29

En une phrase

La mer Rouge est le lieu où Israël, coincé entre une armée et l'eau, apprend la phrase qui résume l'Exode : la même mer s'ouvre devant la foi et se referme sur l'orgueil.

Lis Exode 14, puis le chant du chapitre 15. La fiche du Jourdain raconte l'autre eau ouverte, une génération plus tard, à l'entrée du pays.