Damas dans la Bible
La capitale syrienne traverse toute la Bible : l'intendant d'Abram en vient, Élie y est envoyé, Naaman en vante les fleuves. Puis une lumière sur la route qui y mène retourne le plus grand persécuteur de l'Église.
Étymologie inconnue : le nom est plus ancien que toutes les explications proposées. La ville est souvent citée comme l'une des plus anciennes du monde habitées sans interruption.
Damas apparaît dès la guerre des rois, sous Abram (), et entre dans son histoire personnelle un chapitre plus tard : « l'héritier de ma maison, c'est Éliézer de Damas » (). Avant d'être une ennemie, Damas est le nom d'un serviteur de confiance.
À l'époque des rois, la ville est la capitale de la Syrie, rivale d'Israël. Élie y est envoyé en pleine crise : « Va, reprends ton chemin par le désert jusqu'à Damas ; et quand tu seras arrivé, tu oindras Hazaël pour roi de Syrie » () : Dieu se réserve même la politique de l'adversaire. Naaman, général syrien, en vante les rivières quand Élisée l'envoie au Jourdain : « Les fleuves de Damas, l'Abana et le Parpar, ne valent-ils pas mieux que toutes les eaux d'Israël ? » (). Les prophètes, eux, la mettent en accusation : « Oracle sur Damas » ().
Puis vient la route. Saul de Tarse, muni de « lettres pour les synagogues de Damas » (), y monte pour arrêter les disciples : « Comme il était en chemin, et qu'il approchait de Damas, tout à coup une lumière venant du ciel resplendit autour de lui » (). Le persécuteur entre dans la ville à tâtons : « quoique ses yeux fussent ouverts, il ne voyait rien ; on le prit par la main, et on le conduisit à Damas » ().
La suite se joue dans une rue nommée : « Lève-toi, va dans la rue qu'on appelle la droite » (), où un disciple de la ville, Ananias, est envoyé malgré sa peur. Saul recouvre la vue, est baptisé, et « resta quelques jours avec les disciples qui étaient à Damas » (). La ville où il venait arrêter des croyants devient celle où il en devient un.
Damas reste ensuite dans sa biographie comme un point fixe : « je partis pour l'Arabie. Puis je revins encore à Damas » (). Et sa première grande évasion s'y joue : le gouverneur « faisait garder la ville des Damascéniens, pour se saisir de moi ; mais on me descendit par une fenêtre, dans une corbeille, le long de la muraille » (). Sa prédication commence là : « à ceux de Damas d'abord » ().
Ce que ce lieu nous apprend
- Le « chemin de Damas » n'est pas une expression décorative : la Bible localise la conversion de Paul sur une route précise, avec une ville, une rue et un hôte nommés (Actes 9).
- Ananias est envoyé vers l'homme qui venait l'arrêter () : la première grâce faite à Paul passe par le courage d'un inconnu de Damas.
- Dieu agit aussi chez l'adversaire : l'onction d'un roi de Syrie est commandée à Élie () des siècles avant que la lumière tombe sur la route.
Les passages où Damas apparaît
Le nom apparaît dans 58 versets de la Segond, de Genèse 14:15 à Galates 1:17. Compte calculé sur le corpus, pas estimé. Les passages ci-dessous sont les moments clés, pas la liste complète.
La lumière sur la route
« Comme il était en chemin, et qu’il approchait de Damas, tout à coup une lumière venant du ciel resplendit autour de lui. »
Actes 9:3
La rue appelée la droite
« Et le Seigneur lui dit : Lève-toi, va dans la rue qu’on appelle la droite, et cherche, dans la maison de Judas, un nommé Saul de Tarse. »
Actes 9:11
La corbeille le long de la muraille
« mais on me descendit par une fenêtre, dans une corbeille, le long de la muraille, et j’échappai de leurs mains. »
2 Corinthiens 11:33
En une phrase
Damas est la capitale ennemie où Dieu envoyait déjà ses prophètes, et la ville où Saul, parti arrêter les disciples, est entré aveugle pour en ressortir apôtre.
Lis d'une traite. Puis la concordance Damas : tous les versets où la ville apparaît, d'Abram à Paul.