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Psaume 23:1·7 min de lecture

Psaume 23:1 · David a gardé des moutons avant d’écrire « mon berger »

« Cantique de David. L’Éternel est mon berger : je ne manquerai de rien. »

Psaume 23:1 · Segond

« Psaume de David. L’Eternel est mon berger, je n’aurai point de disette. »Psaume 23:1 · Martin 1744

David a gardé des moutons. C’était son travail avant qu’il devienne roi : quand le prophète Samuel arrive chez son père Isaï pour désigner le futur roi d’Israël, on va chercher David aux champs, il est avec le troupeau ().

Le métier n’avait rien de paisible. David raconte s’être battu contre un lion et contre un ours, avoir arraché la brebis de la gueule de l’animal, l’avoir saisi par la gorge et tué ().

Dans ce psaume, il prend la place inverse : Dieu tient le rôle du berger, David celui de la bête qu’on garde.

Le mot décisif est « mon ». La foi d’Israël connaissait Dieu comme berger d’un peuple entier. David ramène le titre sur une seule personne, lui, et en tire la suite : « je ne manquerai de rien ».

Le psaume arrive juste après un cri d’abandon

Le psaume qui précède s’ouvre sur « Mon Dieu ! mon Dieu ! pourquoi m’as-tu abandonné, Et t’éloignes-tu sans me secourir ? » (). Plusieurs siècles plus tard, Jésus crie ces mots sur la croix, en araméen : « Éli, Éli, lama sabachthani ? » (). Le psaume 23 vient immédiatement derrière dans le recueil.

Le premier verset annonce, les cinq suivants déroulent. Le repos au verset 2, « il me fait reposer dans de verts pâturages ». La restauration de l’âme au verset 3. La vallée de l’ombre de la mort au verset 4, avec « car tu es avec moi ». La table dressée « en face de mes adversaires » au verset 5. La maison de l’Éternel au verset 6, pour finir. Tout sort de la première phrase.

L’hébreu derrière « mon berger »

  1. « Cantique de David ». La mention d’auteur ouvre le psaume et compte comme le début du premier verset. Elle signe le texte du nom d’un homme qui a exercé le métier dont il parle (), et qui accepte ici de se ranger du côté de l’animal.
  2. « L’Éternel ». En hébreu YHWH, le nom propre du Dieu qui s’est engagé par une alliance, un contrat, envers le peuple d’Israël. Le verset désigne quelqu’un de précis, appelé par son nom.
  3. « est mon berger ». En hébreu ro’i, formé sur le verbe ra’ah, faire paître. Le possessif est au singulier. Les prophètes appliquaient déjà l’image à Dieu pour le peuple entier : « Comme un berger, il paîtra son troupeau » (), « C’est moi qui ferai paître mes brebis » (). David s’approprie une promesse faite à tout un peuple.
  4. « je ne manquerai de rien ». En hébreu lo echsar, du verbe chasar, manquer, être privé de. Une traduction française ancienne rend la phrase par « je n’aurai point de disette », ce qui pointe le sens exact : la privation, la faim. La phrase découle de la précédente. Le berger décide de ce dont la bête a besoin et le fournit. Paul reprendra l’idée : « mon Dieu pourvoira à tous vos besoins » ().

L’ordre des trois éléments porte le sens : un Dieu appelé par son nom, une appartenance, puis la sécurité qui en découle. Le verset 4 confirme ce sens de lecture en changeant de pronom au moment du danger. David passe de « il » à « tu » : « car tu es avec moi ». Il arrête de parler de Dieu et lui parle.

Le berger prend un visage dans le Nouveau Testament

« Il reste encore le plus jeune, mais il fait paître les brebis. »

1 Samuel 16:11

« Comme un berger, il paîtra son troupeau, Il prendra les agneaux dans ses bras, Et les portera dans son sein. »

Ésaïe 40:11

« C’est moi qui ferai paître mes brebis, c’est moi qui les ferai reposer, dit le Seigneur, l’Éternel. »

Ézéchiel 34:15

« Je suis le bon berger. Le bon berger donne sa vie pour ses brebis. »

Jean 10:11

« Car vous étiez comme des brebis errantes. Mais maintenant vous êtes retournés vers le pasteur et le gardien de vos âmes. »

1 Pierre 2:25

« Car l’agneau qui est au milieu du trône les paîtra et les conduira aux sources des eaux de la vie. »

Apocalypse 7:17

Jésus reprend le titre à son compte et ajoute une précision que David n’écrit pas : « Le bon berger donne sa vie pour ses brebis » (). En , Dieu annonçait qu’il viendrait faire paître lui-même son troupeau. L’Apocalypse termine en retournant les rôles : « l’agneau qui est au milieu du trône les paîtra » (). Jésus occupe les deux places, l’animal qu’on égorge et le berger qui conduit.

L’essentiel du verset

Croire, dans ce psaume, revient à appartenir à quelqu’un. Reconnaître que Dieu existe ne suffit pas à dire « mon ».

« Ne manquer de rien » couvre le nécessaire, décidé par le berger. Le même psaume fait passer par la vallée de l’ombre de la mort (v. 4) et dresse la table sous les yeux des adversaires (v. 5). La promesse porte sur l’absence de privation, pas sur le confort du chemin.

Pour aller plus loin

  1. Jean 10:1-18. Le passage où Jésus reprend l’image du psaume et se dit à la fois la porte de l’enclos et le berger qui meurt pour le troupeau.
  2. Le Trésor de David. Le commentaire du livre des Psaumes écrit par Charles Spurgeon, prédicateur baptiste londonien du XIXᵉ siècle, qui consacre un chapitre au psaume 23.

Questions fréquentes

01Que dit le Psaume 23:1 ?
« Cantique de David. L’Éternel est mon berger : je ne manquerai de rien. » David, qui a gardé des moutons avant de régner, dit que Dieu prend soin de lui comme un berger de sa bête, et en déduit qu’il ne manquera de rien.
02Qui a écrit ce psaume ?
David. Il gardait le troupeau de son père Isaï quand le prophète Samuel est venu le désigner comme futur roi d’Israël (). L’image vient de son premier métier.
03Pourquoi comparer Dieu à un berger ?
Parce que la bête dépend entièrement de l’homme qui la garde : la nourriture, le chemin, la défense. David savait ce que ça coûtait, il s’était battu contre un lion et un ours pour une seule brebis ().
04« Je ne manquerai de rien », vraiment rien ?
Le mot hébreu vise la privation. La brebis reçoit ce qu’il lui faut, et c’est le berger qui en décide. La suite du psaume passe par la vallée de l’ombre de la mort (v. 4) : les mauvais passages sont traversés à deux.
05Ce psaume promet-il la richesse ?
Non. Le psaume contient la vallée (v. 4) et des adversaires assis en face de la table (v. 5). Il promet une personne, son soin, et l’absence de manque. L’abondance est autre chose.
06Dieu est-il le berger de tout le monde ?
Le psaume emploie le possessif au singulier, et Jésus précise : « Je connais mes brebis, et elles me connaissent » (). L’appartenance va dans les deux sens. On peut savoir que Dieu est berger sans pouvoir encore dire « mon berger ».
07Je récite ce psaume et je manque de beaucoup de choses.
Le verset ne nie pas les manques ressentis. Il désigne celui qui pourvoit et qui choisit le chemin. La question qu’il pose vient avant : est-ce qu’il est ton berger, ou un berger dont tu as entendu parler ?
08Comment passer de « un berger » à « mon berger » ?
Le premier pas est déjà fait du côté du berger : il donne sa vie pour ses brebis (), et il cherche celle qui s’est perdue jusqu’à la retrouver ().

Comment vivre ce verset au quotidien

La question du verset tient dans un possessif : un berger, ou ton berger ?

Le reste du psaume dépend de ce mot. Si l’Éternel est ton berger, le repos, la restauration, la vallée traversée et la table dressée suivent, à son rythme à lui.

Le berger du psaume a montré jusqu’où il allait : « Le bon berger donne sa vie pour ses brebis » (). Cette place de brebis est déjà payée, elle ne se mérite pas. Demande à bxble ce que veut dire appartenir à ce berger.

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La Rédaction · bxble, publié le 13 juillet 2026

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