Que signifie « Amen » dans la Bible ?
Amen est un mot hébreu, de la racine aman, être ferme, être digne de confiance. Dire Amen, ce n'est pas formuler un vœu, c'est contresigner : je tiens pour ferme ce qui vient d'être dit, et je m'y engage. Le mot a traversé les langues sans être traduit, de l'hébreu au grec, du grec au français.
Origine
אָמֵן (amen), hébreu : ferme, sûr, digne de confiance.
Entrées du lexique : amen (hébreu) (H543) · amèn (grec) (G281)
Un contreseing, de la loi jusqu'à l'avant-dernier verset
La première apparition du mot surprend : ce n'est pas une fin de prière. En , une femme soupçonnée d'adultère répond « Amen ! Amen ! » à une malédiction conditionnelle : elle accepte d'avance le verdict. En Deutéronome 27, le peuple entier répond Amen, douze fois, aux malédictions prononcées depuis le mont Ébal (). Dire Amen, dans la loi, c'est signer.
Le mot sert ensuite d'acclamation : « Benaja, fils de Jehojada, répondit au roi : Amen ! Ainsi dise l'Éternel » (). Et il ferme des prières, jusqu'au Notre Père : « Car c'est à toi qu'appartiennent, dans tous les siècles, le règne, la puissance et la gloire. Amen ! » ().
Le compte français cache une partie du mot. Dans le texte grec des Évangiles, Jésus ouvre ses déclarations solennelles par amèn : la Segond traduit « En vérité je vous le dis ». Le lexique grec compte 152 occurrences d'amèn dans le Nouveau Testament, bien plus que ce que le mot « amen » laisse voir en français. Jésus est le seul dans toute la Bible à mettre l'Amen au début de ses phrases : il ne contresigne pas la parole d'un autre, il garantit la sienne.
L'Apocalypse pousse le mot jusqu'au bout : il devient un nom de Jésus. « Voici ce que dit l'Amen, le témoin fidèle et véritable » (). Paul l'avait déjà écrit : « pour ce qui concerne toutes les promesses de Dieu, c'est en lui qu'est le oui ; c'est pourquoi encore l'Amen par lui est prononcé par nous à la gloire de Dieu » ().
Le mot en situation, dans le texte
« Benaja, fils de Jehojada, répondit au roi : Amen ! Ainsi dise l’Éternel, le Dieu de mon seigneur le roi ! »
« ne nous induis pas en tentation, mais délivre-nous du malin. Car c’est à toi qu’appartiennent, dans tous les siècles, le règne, la puissance et la gloire. Amen ! »
« Écris à l’ange de l’Église de Laodicée : Voici ce que dit l’Amen, le témoin fidèle et véritable, le commencement de la création de Dieu : »
« Celui qui atteste ces choses dit : Oui, je viens bientôt. Amen ! Viens, Seigneur Jésus ! »
Les questions qui suivent
Amen veut-il dire « ainsi soit-il » ?
C'est la traduction courante, et elle affaiblit le mot. « Ainsi soit-il » exprime un souhait ; l'hébreu amen affirme une certitude : c'est ferme, c'est vrai, je m'y tiens. On passe d'un espoir à un engagement.
Pourquoi dit-on Amen à la fin des prières ?
Parce que la Bible le fait : le Notre Père se ferme sur Amen (), les doxologies des épîtres aussi. Dire Amen à la fin d'une prière, y compris celle d'un autre, c'est la contresigner : ce qui vient d'être demandé, je le tiens pour vrai et je m'y associe.
Combien de fois le mot apparaît-il dans la Bible ?
Le compte exact sur le corpus Segond s'affiche plus haut sur la page : une cinquantaine de versets, de à . Le grec en contient davantage : chaque « En vérité je vous le dis » de Jésus est un amèn que la traduction française a rendu autrement.
Pourquoi Jésus est-il appelé « l'Amen » ?
lui donne ce nom : « l'Amen, le témoin fidèle et véritable ». Et l'explique : toutes les promesses de Dieu trouvent leur oui en lui. Jésus n'est pas seulement celui qui dit la vérité, il est la confirmation en personne de tout ce que Dieu a promis.
En une phrase
Amen, « c'est ferme » en hébreu, traverse la Bible comme un contreseing, des malédictions du Deutéronome à l'avant-dernier verset du canon, jusqu'à devenir un nom de Jésus : l'Amen ().
Tu veux voir tous les Amen de la Bible et qui les prononce ? Demande au chatbot, il sort les versets exacts.