Thomas d'Aquin (1225-1274)

La prière de Thomas d'Aquin avant l'étude : « Créateur ineffable »

« Donne-moi la pénétration pour comprendre, la capacité pour retenir, la méthode et la facilité pour apprendre. » La tradition rapporte que Thomas d'Aquin priait avant d'étudier, d'écrire et de prêcher, et lui attribue cette prière, transmise sous le nom de Creator ineffabilis. La voici, traduite du latin.

Le texte, Oratio ante studium

Créateur ineffable, toi qui, des trésors de ta sagesse, as établi trois hiérarchies d'anges, les as placées dans un ordre admirable au-dessus du ciel, et as distribué les parties de l'univers avec tant d'harmonie : toi que l'on nomme la vraie source de la lumière et de la sagesse, et leur principe premier, daigne répandre sur les ténèbres de mon intelligence un rayon de ta clarté, en écartant de moi la double ténèbre dans laquelle je suis né : le péché et l'ignorance.

Toi qui rends éloquentes les langues des petits enfants, instruis ma langue, et répands sur mes lèvres la grâce de ta bénédiction. Donne-moi la pénétration pour comprendre, la capacité pour retenir, la méthode et la facilité pour apprendre, la finesse pour interpréter, la grâce abondante pour parler.

Prépare mon entrée dans le travail, dirige son déroulement, achève son terme. Toi qui es vrai Dieu et vrai homme, toi qui vis et règnes dans les siècles des siècles. Amen.

Oratio ante studium (« Creator ineffabilis »), transmise parmi les prières attribuées à Thomas d'Aquin dans les recueils anciens (Piae Preces). Texte latin en domaine public ; traduction Bxble.

L'étude comme travail dépendant

Thomas naît vers 1225 au château de Roccasecca, entre Rome et Naples. À dix-neuf ans, il choisit l'ordre des frères prêcheurs, ordre mendiant récent : sa famille, qui le destinait à une abbaye prestigieuse, l'enlève et le retient un an. Il tient bon, étudie sous Albert le Grand à Cologne, enseigne à Paris et en Italie, et produit une œuvre immense dont la Somme théologique, restée inachevée. Il meurt en 1274, à quarante-neuf ans, en route vers le concile de Lyon.

Ses premiers biographes, dont Guillaume de Tocco qui l'avait connu, rapportent le trait que cette prière suppose : Thomas ne se mettait jamais à l'étude, à l'écriture ou à la prédication sans prier, et il attribuait à la prière ce que son travail produisait. La prière Creator ineffabilis est transmise sous son nom par les recueils anciens de ses prières ; comme pour la plupart des prières médiévales, l'attribution vient de cette tradition, sans manuscrit autographe. Son contenu, lui, correspond exactement à sa doctrine et à sa pratique documentée.

La demande est d'une précision d'écolier : comprendre, retenir, apprendre, interpréter, parler, et un travail accompagné du début (« mon entrée ») à la fin (« son terme »). Le point d'appui tient dans la première phrase : l'intelligence humaine naît dans une double ténèbre, le péché et l'ignorance, et la lumière se demande. C'est la conviction de : « Si quelqu'un d'entre vous manque de sagesse, qu'il la demande à Dieu, qui donne à tous simplement et sans reproche. »

Les versets derrière la prière

La prière demande ce que l'Écriture présente comme un don, jamais comme un acquis :

« Si quelqu’un d’entre vous manque de sagesse, qu’il la demande à Dieu, qui donne à tous simplement et sans reproche, et elle lui sera donnée. »

Jacques 1:5

« Car l’Éternel donne la sagesse ; De sa bouche sortent la connaissance et l’intelligence ; »

Proverbes 2:6

« Ouvre mes yeux, pour que je contemple Les merveilles de ta loi ! »

Psaume 119:18

Les questions qui suivent

Thomas d'Aquin a-t-il vraiment écrit cette prière ?

L'attribution vient des recueils anciens qui transmettent ses prières, sans manuscrit de sa main : la certitude absolue n'existe pas. Ce qui est documenté par ses premiers biographes : Thomas priait systématiquement avant d'étudier et d'écrire, et la prière correspond à sa pratique et à son vocabulaire.

Que veut dire « ineffable » ?

Qu'aucune parole ne peut l'exprimer. Le mot ouvre la prière sur un paradoxe assumé : celui qui demande la grâce de bien parler commence par reconnaître que Dieu dépasse tout ce que la parole peut dire.

Pour qui est cette prière aujourd'hui ?

Pour quiconque étudie ou transmet : étudiants, enseignants, prédicateurs. Ses cinq demandes couvrent le cycle entier du travail intellectuel, comprendre, retenir, apprendre, interpréter, parler, et elle se prie en une minute avant de commencer.

En une phrase

Transmise sous le nom de Thomas d'Aquin par les recueils anciens et conforme à sa pratique documentée, la prière avant l'étude demande la lumière sur la double ténèbre native de l'intelligence, le péché et l'ignorance, et l'accompagnement du travail de son entrée à son terme.

La prière repose sur : la sagesse se demande. Lis , puis demande à le chatbot quelle condition ce passage attache à la demande, et pourquoi.