Marie, Évangile selon Luc

Le Magnificat : le texte exact du chant de Marie

« Mon âme exalte le Seigneur. » Enceinte depuis peu, Marie arrive chez sa cousine Élisabeth, dans les montagnes de Judée. Élisabeth la bénit, et Marie répond par ce chant, que la tradition nomme Magnificat, d'après son premier mot en latin. Le texte complet est ci-dessous, tel que le rapporte l'Évangile selon Luc.

Le texte, Luc 1:46-55

Mon âme exalte le Seigneur,

et mon esprit se réjouit en Dieu, mon Sauveur,

parce qu'il a jeté les yeux sur la bassesse de sa servante.

Car voici, désormais toutes les générations me diront bienheureuse,

parce que le Tout-Puissant a fait pour moi de grandes choses.

Son nom est saint,

et sa miséricorde s'étend d'âge en âge sur ceux qui le craignent.

Il a déployé la force de son bras ;

il a dispersé ceux qui avaient dans le cœur des pensées orgueilleuses.

Il a renversé les puissants de leurs trônes, et il a élevé les humbles.

Il a rassasié de biens les affamés, et il a renvoyé les riches à vide.

Il a secouru Israël, son serviteur, et il s'est souvenu de sa miséricorde,

comme il l'avait dit à nos pères, envers Abraham et sa postérité pour toujours.

Évangile selon Luc, chapitre 1, versets 46 à 55, dans la traduction de Louis Segond (édition de 1910), en domaine public. La découpe en versets est jointe au texte ; les majuscules de début de vers ont été ramenées à l'usage courant.

Le cadre du chant

Luc 1 raconte la scène. L'ange Gabriel vient d'annoncer à Marie, à Nazareth, qu'elle portera le Fils du Très-Haut. Marie part aussitôt chez sa parente Élisabeth, elle-même enceinte de six mois dans sa vieillesse. Quand Marie entre, l'enfant d'Élisabeth tressaille, et Élisabeth s'écrie : « Tu es bénie entre les femmes, et le fruit de ton sein est béni » (). Le Magnificat est la réponse de Marie. Elle a probablement une quinzaine d'années.

Le chant est tissé d'Écriture. Sa charpente vient du cantique d'Anne, la mère de Samuel, prononcé mille ans plus tôt dans une situation renversée elle aussi : « Mon cœur se réjouit en l'Éternel » (), suivi des puissants abaissés et des affamés rassasiés. Marie prie avec les textes qu'elle connaît : les psaumes, les prophètes, la promesse faite à Abraham. Chaque ligne du Magnificat a un précédent dans l'Ancien Testament.

Le contenu surprend par sa dureté : des trônes renversés, des riches renvoyés les mains vides, des orgueilleux dispersés. Le chant de Marie décrit un Dieu qui retourne l'ordre établi, et il le fait au passé, comme une chose déjà accomplie. Les églises le chantent chaque soir depuis des siècles, à l'office des vêpres, et son premier mot latin, Magnificat (« elle magnifie »), lui sert de nom.

Les versets derrière la prière

Le chant de Marie reprend le cantique d'Anne et les promesses de l'Ancien Testament :

« Anne pria, et dit : Mon cœur se réjouit en l’Éternel, Ma force a été relevée par l’Éternel ; Ma bouche s’est ouverte contre mes ennemis, Car je me réjouis de ton secours. »

1 Samuel 2:1

« Mais la bonté de l’Éternel dure à jamais pour ceux qui le craignent, Et sa miséricorde pour les enfants de leurs enfants, »

Psaume 103:17

« J’établirai mon alliance entre moi et toi, et tes descendants après toi, selon leurs générations : ce sera une alliance perpétuelle, en vertu de laquelle je serai ton Dieu et celui de ta postérité après toi. »

Genèse 17:7

Les questions qui suivent

Pourquoi ce chant s'appelle-t-il le Magnificat ?

D'après son premier mot dans la traduction latine : « Magnificat anima mea Dominum », mon âme magnifie le Seigneur. L'usage liturgique a retenu ce mot comme titre, comme le Notre Père tient son nom de ses premiers mots.

Marie a-t-elle improvisé ces phrases ?

Le texte que Luc rapporte est presque entièrement tissé de citations de l'Ancien Testament, en premier lieu le cantique d'Anne en 1 Samuel 2. Le chant montre une mémoire remplie d'Écriture : Marie répond à l'événement avec les mots des textes qu'elle porte déjà.

Que veut dire « toutes les générations me diront bienheureuse » ?

C'est un constat que l'histoire a vérifié : le Magnificat est chanté chaque jour depuis des siècles. Le texte dit « me diront bienheureuse », un état que Dieu a produit (« le Tout-Puissant a fait pour moi de grandes choses »). Jésus donne plus loin la mesure de toute béatitude : « Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu, et qui la gardent ! » (), ce que Marie fait la première.

En une phrase

Réponse de Marie à la bénédiction d'Élisabeth, le Magnificat reprend le cantique d'Anne et les promesses faites à Abraham pour décrire, au passé, un Dieu qui renverse les puissants et rassasie les affamés.

Mets les deux chants côte à côte : et . Puis demande à le chatbot ce que les situations d'Anne et de Marie ont en commun.