Gethsémané dans la Bible
Le lieu de la nuit la plus dure de la Bible. Deux versets seulement portent son nom, et il s'y joue tout : la tristesse jusqu'à la mort, la coupe demandée puis acceptée, les amis endormis.
De l'araméen gat shemanim, traditionnellement compris comme « pressoir à huile ». La Bible n'explique pas le nom.
Le nom n'apparaît que deux fois, chez Matthieu et Marc, pour la même heure : « Jésus alla avec eux dans un lieu appelé Gethsémané, et il dit aux disciples : Asseyez-vous ici, pendant que je m'éloignerai pour prier » (). Jean, sans le nommer, situe le lieu : « de l'autre côté du torrent du Cédron, où se trouvait un jardin » (). Luc précise l'habitude : « il alla, selon sa coutume, à la montagne des oliviers » (). Ce n'est pas une cachette improvisée ; Judas connaît l'endroit.
Ce qui s'y passe est raconté sans pudeur d'aucun côté. Jésus prend Pierre, Jacques et Jean, et leur dit : « Mon âme est triste jusqu'à la mort ; restez ici, et veillez avec moi » ().
La prière est une lutte : « il se jeta sur sa face, et pria ainsi : Mon Père, s'il est possible, que cette coupe s'éloigne de moi ! Toutefois, non pas ce que je veux, mais ce que tu veux » (). Marc garde le mot araméen de l'adresse : « Abba, Père, toutes choses te sont possibles, éloigne de moi cette coupe ! » (). Luc, sans nommer le lieu, note l'agonie : « sa sueur devint comme des grumeaux de sang, qui tombaient à terre » ().
Trois fois, Jésus revient vers les siens et les trouve endormis. « Simon, tu dors ! Tu n'as pu veiller une heure ! » (). La consigne laissée est devenue une phrase universelle : « Veillez et priez, afin que vous ne tombiez pas dans la tentation ; l'esprit est bien disposé, mais la chair est faible » ().
Puis l'heure cesse d'être une menace pour devenir un fait : « Voici, l'heure est proche, et le Fils de l'homme est livré aux mains des pécheurs » (). Judas arrive avec la troupe dans le verset qui suit. Entre l'entrée dans le jardin et l'arrestation, la volonté a été remise ; la croix du lendemain est déjà acceptée à Gethsémané.
Ce que ce lieu nous apprend
- La Bible ne présente pas la prière de la dernière nuit comme une sérénité : tristesse jusqu'à la mort, chute au sol, demande répétée. La soumission finale n'annule pas la lutte, elle la conclut.
- Jésus demande d'abord autre chose que ce qu'il accepte ensuite () : demander le retrait de la coupe n'était pas un manque de foi, et l'accepter n'était pas une résignation.
- Les trois amis dorment pendant l'heure la plus grave () : le texte n'a pas protégé la réputation des apôtres, et c'est l'un des signes de son honnêteté.
Les passages où Gethsémané apparaît
Le nom apparaît dans 2 versets de la Segond : Matthieu 26:36 · Marc 14:32. Compte calculé sur le corpus, pas estimé. Deux versets seulement portent le nom (Matthieu 26:36, Marc 14:32) : Luc situe la même scène « à la montagne des oliviers » (Luc 22:39) et Jean parle d'« un jardin » au delà du Cédron (Jean 18:1). Les passages ci-dessous sont les moments clés, pas la liste complète.
L'entrée dans le lieu nommé
« Là-dessus, Jésus alla avec eux dans un lieu appelé Gethsémané, et il dit aux disciples : Asseyez-vous ici, pendant que je m’éloignerai pour prier . »
Matthieu 26:36
La coupe demandée puis remise
« Puis, ayant fait quelques pas en avant, il se jeta sur sa face, et pria ainsi : Mon Père, s’il est possible, que cette coupe s’éloigne de moi ! Toutefois, non pas ce que je veux, mais ce que tu veux. »
Matthieu 26:39
Abba, Père
« Il disait : Abba, Père, toutes choses te sont possibles, éloigne de moi cette coupe ! Toutefois, non pas ce que je veux, mais ce que tu veux. »
Marc 14:36
En une phrase
Gethsémané est le jardin où la volonté de Jésus a été remise avant que son corps soit livré : deux versets portent le nom, et toute la croix s'y décide.
Lis lentement, verset par verset. Puis la fiche du mont des Oliviers : Gethsémané est sur son flanc, et la montagne a toute une histoire. Les deux versets du nom sont dans la concordance Gethsémané, avec leur contexte.