Charles Spurgeon (1834-1892)

Une prière de Charles Spurgeon : aimer d'une passion qui ne refroidisse jamais

Charles Spurgeon, pasteur baptiste du Metropolitan Tabernacle de Londres, n'écrivait pas ses prières : il les improvisait devant des milliers de personnes, et des sténographes les notaient mot à mot. Un recueil posthume en a gardé vingt-six, The Pastor in Prayer (1893). Voici deux passages de la première, priée avant un sermon sur .

Le texte, prié un dimanche matin au Tabernacle

Ô Seigneur Dieu, grand « JE SUIS », nous confessons et reconnaissons de bon cœur que tout vient de toi. C'est toi qui nous as faits, et non pas nous-mêmes, et le souffle de nos narines ne s'y maintient que par ta puissance de chaque instant. Nous te devons notre subsistance, notre bonheur, notre progrès, notre mûrissement, notre existence même, tout entière. Nous voulons te bénir pour toutes les miséricordes dont tu nous entoures, pour tout ce que nos yeux voient d'agréable, pour tout ce que nos oreilles entendent de doux, et pour tout ce qui fait de l'existence une vie.

Oh ! aimer le Sauveur d'une passion qui ne refroidisse jamais ! Croire en Dieu d'une confiance qui ne chancelle jamais ! Espérer en Dieu d'une attente qui ne s'obscurcisse jamais ! Se réjouir en Dieu d'une joie sainte et débordante que rien ne puisse arrêter ; en sorte que nous vivions pour glorifier Dieu de toutes nos forces tendues, avec ferveur : brûlant, flambant, consumés par le Dieu qui habite en nous et qui opère toutes choses selon sa volonté ! Ainsi, Seigneur, nous voudrions te louer et te prier d'un même souffle ; confesser et reconnaître nos responsabilités, mais bénir aussi la grâce libre et souveraine qui fait de nous ce que nous sommes. Ô Dieu de l'élection éternelle, ô Dieu de la rançon payée sur le bois, ô Dieu de l'appel efficace, Père, Fils et Esprit, notre adoration monte vers le ciel comme la fumée de l'autel des parfums. Gloire, honneur, majesté, puissance, domination et force au Dieu unique, aux siècles des siècles ; et tous les rachetés par le sang diront : Amen.

Extraits de la première prière du recueil The Pastor in Prayer (Elliot Stock, Londres, 1893), prières du dimanche matin sténographiées au Metropolitan Tabernacle. Texte anglais en domaine public ; traduction Bxble.

Des prières notées mot à mot

Pasteur à Londres de 1854 à sa mort en janvier 1892, Spurgeon a prêché à partir de 1861 au Metropolitan Tabernacle, construit pour son assemblée de plusieurs milliers de personnes. Ses sermons étaient sténographiés et publiés chaque semaine ; ses prières du dimanche matin l'ont été aussi, et c'est ce qui rend le recueil unique : rien n'y a été rédigé pour l'impression, tout a été prié à voix haute d'abord.

L'éditeur du recueil rapporte un témoignage : quand l'évangéliste américain D. L. Moody prend la parole au Tabernacle le 9 octobre 1892, quelques mois après la mort de Spurgeon, il raconte être venu de quatre mille milles pour l'entendre vingt-cinq ans plus tôt. Ce qui l'avait le plus marqué ce jour-là, dit-il, ce n'était ni le chant de l'assemblée ni le sermon : c'était la prière.

La prière citée ici précédait un sermon sur la femme qui se disait : « Si je puis seulement toucher ses vêtements, je serai guérie » (). On y entend la théologie de Spurgeon en raccourci : tout vient de Dieu, jusqu'à la foi qui le saisit, et la réponse logique est une ferveur sans réserve.

Les versets derrière la prière

Spurgeon prie en citant l'Écriture presque à chaque phrase. Les appuis des deux passages :

« Car elle disait : Si je puis seulement toucher ses vêtements, je serai guérie. »

Marc 5:28

« Sachez que l’Éternel est Dieu ! C’est lui qui nous a faits, et nous lui appartenons ; Nous sommes son peuple, et le troupeau de son pâturage. »

Psaume 100:3

« En lui nous sommes aussi devenus héritiers, ayant été prédestinés suivant la résolution de celui qui opère toutes choses d’après le conseil de sa volonté, »

Éphésiens 1:11

« La fumée des parfums monta, avec les prières des saints, de la main de l’ange devant Dieu. »

Apocalypse 8:4

Les questions qui suivent

Spurgeon écrivait-il ses prières à l'avance ?

Non. Elles étaient improvisées pendant le culte et notées en direct par des sténographes, comme ses sermons. La préface du recueil de 1893 précise que les prières sont « rapportées mot à mot » ; ce qu'on lit est ce que l'assemblée a entendu.

Qu'est-ce que le Metropolitan Tabernacle ?

L'église baptiste de Londres dont Spurgeon fut le pasteur pendant près de quarante ans, construite pour accueillir plusieurs milliers de personnes chaque dimanche. C'est là que ses prières ont été notées, et le bâtiment abrite toujours une église aujourd'hui.

Pourquoi la traduction est-elle de Bxble ?

Le texte anglais de 1893 est en domaine public, mais il n'existe pas à notre connaissance de traduction française ancienne de ce recueil. Nous traduisons donc directement l'édition de 1893, en le signalant : c'est la règle du site, chaque texte porte sa source.

En une phrase

Les prières de Spurgeon n'ont jamais été écrites, seulement priées puis sténographiées, et celle-ci demande une seule chose en quatre élans : aimer, croire, espérer et se réjouir sans que rien ne refroidisse.

Le verset que cette prière préparait tient en une phrase de la femme malade : . Lis en entier, puis demande à le chatbot pourquoi Jésus dit « ta foi t'a sauvée » alors qu'elle n'a fait que toucher un vêtement.