Quelle différence entre l'enfer et le séjour des morts dans la Bible ?
Le mot « enfer » n'apparaît pas tel quel dans la Bible Segond. Elle écrit « le séjour des morts » pour l'état où vont les morts en attendant la résurrection, et « la géhenne » pour le jugement final. Deux réalités différentes, que les anciennes traductions ont longtemps rangées sous un seul mot.
L'enfer
12 versets dans la Segond (0 AT · 12 NT), de Matthieu 5:22 à Jacques 3:6.
grec geenna (géhenne), du nom de la vallée de Hinnom
Compté sur « géhenne », le mot que la Segond emploie là où d'autres versions écrivent « enfer ».
Le séjour des morts
69 versets dans la Segond (59 AT · 10 NT), de Genèse 37:35 à Apocalypse 20:14.
hébreu sheol, grec hadês
Occurrences comptées sur le texte Louis Segond du corpus Bxble, formes dérivées comprises.
D'où vient la confusion
Les anciennes traductions rendaient parfois Sheol par « enfer ». La Segond préfère « séjour des morts », ce qui évite de confondre l'état des morts avec le jugement final. La nuance se voit dès la Genèse : Jacob, qui croit son fils dévoré, refuse toute consolation : « C'est en pleurant que je descendrai vers mon fils au séjour des morts ! » (). Aucune condamnation dans sa bouche : c'est le lieu où vont tous les morts, et Jacob compte y retrouver Joseph.
Lorsque Jésus parle de la géhenne, il reprend un lieu bien connu de ses auditeurs : la vallée de Hinnom, au sud de Jérusalem, où l'on avait autrefois brûlé des enfants aux idoles (). Il s'en sert comme image du jugement définitif : mieux vaut entrer dans la vie manchot « que d'avoir les deux mains et d'aller dans la géhenne, dans le feu qui ne s'éteint point » ().
Apocalypse 20 rend la confusion impossible
À la fin du livre, le séjour des morts rend ses morts pour le jugement, puis il est lui-même « jeté dans l'étang de feu » (). L'état intermédiaire prend fin ; ce qui suit le jugement n'a pas de fin. Après ce chapitre, tenir les deux pour un seul et même lieu ne fonctionne plus.
Pour les croyants, le Nouveau Testament apporte une précision que l'Ancien ne développe pas : après la mort, ils sont avec Christ ( ; ). Et le Ressuscité affirme tenir « les clefs de la mort et du séjour des morts » (). La peur de la mort change de nature quand quelqu'un en tient les clefs.
Enfer, géhenne, hadès : les questions qui suivent
Le symbole des apôtres dit que Jésus est « descendu aux enfers ». Dans quel sens ?
Au sens ancien du mot : au séjour des morts, c'est-à-dire réellement mort. Pierre cite le Psaume 16 pour donner la suite : il n'y a pas été abandonné, il est ressuscité ().
Où vont les morts en attendant la résurrection ?
L'Ancien Testament répond : au séjour des morts. Pour ceux qui sont en Christ, le Nouveau précise : avec lui ( ; ). L'attente existe dans les deux cas ; la compagnie change tout.
Pourquoi cette page compte-t-elle « géhenne » et non « enfer » ?
Parce que les comptes sortent du texte Segond du corpus, et que ce texte n'emploie jamais le mot « enfer ». Les 12 versets comptés sont ceux de la géhenne, presque tous dans la bouche de Jésus.
Le mot le plus dur du Nouveau Testament sur le jugement vient de Jésus lui-même : lis en entier, et apporte tes questions à le chatbot, il répond à partir du texte.