Genèse 14:18 présente Melchisédek en une phrase : « roi de Salem », il apporte du pain et du vin, il est « sacrificateur du Dieu Très-Haut ». Le texte ne dit rien de sa naissance ni de sa mort. Hébreux 7:1 reprend ce personnage et le place au centre d'un développement sur le sacerdoce du Christ. Le lien passe par ce que la Genèse ne dit pas autant que par ce qu'elle dit.
Un personnage qui surgit sans généalogie
Melchisédek apparaît d'un coup dans le récit d'Abraham, puis disparaît. Il est à la fois roi et sacrificateur, ce qui est rare. Il bénit Abraham et reçoit de lui la dîme. Le texte ne lui donne ni père, ni mère, ni descendance. L'épître aux Hébreux s'appuie précisément sur ce silence. Le sacerdoce lévitique se transmettait par la naissance, il fallait descendre de Lévi. Melchisédek, lui, est sacrificateur sans lignée sacerdotale. Hébreux en tire une figure du Christ, dont le sacerdoce ne repose pas sur une généalogie mais sur une vie qui demeure.
« Melchisédek, roi de Salem, fit apporter du pain et du vin : il était sacrificateur du Dieu Très-Haut. »
Genèse 14:18
« En effet, ce Melchisédek, roi de Salem, sacrificateur du Dieu Très-Haut, -qui alla au-devant d’Abraham lorsqu’il revenait de la défaite des rois, qui le bénit, »
Hébreux 7:1
Pourquoi la figure fonctionne
La portée est celle d'une typologie. Hébreux ne dit pas que Melchisédek est le Christ. Il dit que sa figure annonce un sacerdoce d'un autre ordre que celui de la loi. Un prêtre qui est aussi roi, qui bénit Abraham lui-même, qui n'appartient pas à la tribu de Lévi. Le Christ entre dans ce modèle. Son sacerdoce ne vient pas d'une transmission familiale, il tient à sa personne. Le personnage discret de la Genèse sert ainsi à expliquer une rupture avec l'ancien système sacerdotal.