Exode 26:31 décrit un voile bleu, pourpre et cramoisi. Il n'a rien d'un simple rideau. Il sépare le lieu saint du lieu très saint, la partie où seul le grand sacrificateur entrait, une fois par an. Matthieu 27:51 raconte l'instant de la mort de Jésus : ce voile du temple se déchire en deux, du haut jusqu'en bas. Le tissu qui barrait l'accès à la présence de Dieu cède au moment précis où Jésus expire. Les deux textes parlent du même objet, aux deux bouts de l'histoire.
Ce que gardait le voile
Le voile marque une frontière. Derrière lui se tient l'arche, le lieu de la présence. Un homme ordinaire n'y entre pas. La loi tient le peuple à distance de ce lieu. Le texte d'Exode insiste sur le soin apporté au voile : fin lin retors, chérubins représentés. Ces chérubins rappellent ceux qui gardaient le chemin de l'arbre de vie après la faute. Le message reste constant tout au long de l'Ancien Testament : l'homme pécheur ne s'approche pas de Dieu comme il veut.
« Tu feras un voile bleu, pourpre et cramoisi, et de fin lin retors ; il sera artistement travaillé, et l’on y représentera des chérubins. »
Exode 26:31
« Et voici, le voile du temple se déchira en deux, depuis le haut jusqu’en bas, la terre trembla, les rochers se fendirent, »
Matthieu 27:51
Un accès désormais ouvert
Matthieu note un détail : la déchirure va du haut vers le bas. Ce sens compte. Ce n'est pas un homme qui déchire le voile par le bas, c'est Dieu qui l'ouvre d'en haut. La séparation tombe au moment de la croix. L'épître aux Hébreux relira cet événement comme l'ouverture d'un chemin neuf vers Dieu, par le corps de Jésus. Le voile gardait la distance. Sa déchirure dit que la distance est levée.