Ésaïe 53:7 décrit un homme maltraité et opprimé qui n'ouvre pas la bouche. Le prophète le compare à un agneau qu'on mène à la boucherie, à une brebis muette devant ceux qui la tondent. 1 Pierre 2:24 reprend cette figure et l'applique à Jésus : il a porté nos péchés en son corps sur le bois. Pierre lit la croix avec les mots d'Ésaïe.
Le serviteur d'Ésaïe
Le chapitre 53 d'Ésaïe décrit un serviteur qui souffre à la place des autres. Ce qui frappe dans le verset, c'est le silence. L'homme ne se défend pas, il n'ouvre pas la bouche, deux fois le texte le répète. Il subit comme un animal qu'on mène sans qu'il proteste. Le prophète écrit des siècles avant Jésus. La figure reste ouverte : un juste qui porte le poids d'un mal qui n'est pas le sien.
« Il a été maltraité et opprimé, Et il n’a point ouvert la bouche, Semblable à un agneau qu’on mène à la boucherie, À une brebis muette devant ceux qui la tondent ; Il n’a point ouvert la bouche. »
Ésaïe 53:7
« lui qui a porté lui-même nos péchés en son corps sur le bois, afin que morts aux péchés nous vivions pour la justice ; lui par les meurtrissures duquel vous avez été guéris. »
1 Pierre 2:24
La relecture de Pierre
Pierre écrit à des croyants sous pression, tentés de répondre au mal par le mal. Il leur montre Jésus à travers Ésaïe. Le serviteur qui n'ouvrait pas la bouche, c'est Jésus devant ses juges. Celui qui porte le mal des autres, c'est Jésus sur le bois. Pierre en tire une conséquence directe pour ses lecteurs : morts aux péchés, ils vivent pour la justice. La figure d'Ésaïe n'est plus une attente, elle a un visage.