Habacuc écrit une phrase brève : le juste vivra par sa foi. Le prophète parle à un peuple qui attend, dans un temps où l'injustice semble gagner. Des siècles plus tard, Paul reprend cette phrase presque telle quelle en tête de l'épître aux Romains. Il en fait le résumé de tout ce qu'il va démontrer. Le lien n'est pas une allusion vague : c'est une citation.
Une réponse à l'attente, devenue définition de la foi
Chez Habacuc, la phrase répond à une question sur le mal et la patience. Le juste tient parce qu'il fait confiance, pas parce qu'il voit déjà le dénouement. Paul déplace le centre de gravité. En Romains 1:17, il annonce que la justice de Dieu se révèle par la foi et pour la foi, puis cite Habacuc pour prouver que ce principe n'est pas nouveau. Il était déjà écrit. La foi qui fait vivre le juste devient la porte d'entrée du salut annoncé aux nations. Note aussi le glissement du possessif : Habacuc dit sa foi, Paul cite la foi.
« Voici, son âme s'est enflée, elle n'est pas droite en lui ; Mais le juste vivra par sa foi. »
Habacuc 2:4
« parce qu'en lui est révélée la justice de Dieu par la foi et pour la foi, selon qu'il est écrit : Le juste vivra par la foi. »
Romains 1:17
Pourquoi ce verset porte autant de poids
Cette phrase a servi de point d'appui à des débats entiers sur la justification. Paul la cite pour dire une chose simple : ce qui rend juste devant Dieu, c'est la foi, et cela vaut depuis toujours. Le prophète et l'apôtre pointent dans la même direction. Habacuc l'a posée comme un principe de survie spirituelle. Paul la relit comme le socle de l'Évangile.