Ésaïe s'adresse à un roi de Juda en pleine crise. Il lui donne un signe : une naissance, un nom, Emmanuel. Sept siècles plus tard, Matthieu ouvre son évangile sur la naissance de Jésus et cite ce verset mot pour mot, ou presque. Il ajoute la traduction du nom. Le lien entre les deux textes tient sur ce nom et sur ce qu'il porte.
Un signe donné à un roi, une naissance racontée
En Ésaïe 7:14, le signe est adressé à la maison de David dans un contexte politique précis. Une jeune fille enfantera un fils et lui donnera le nom d'Emmanuel. Matthieu reprend l'annonce et la rattache à Marie et à l'enfant. Il fait une chose que le lecteur français ne devine pas seul : il traduit le nom. Emmanuel signifie Dieu avec nous. C'est cette traduction, en Matthieu 1:23, qui dit l'enjeu. Le nom n'est pas décoratif. Il énonce qui est cet enfant.
« C'est pourquoi le Seigneur lui-même vous donnera un signe, Voici, la jeune fille deviendra enceinte, elle enfantera un fils, Et elle lui donnera le nom d'Emmanuel. »
Ésaïe 7:14
« Voici, la vierge sera enceinte, elle enfantera un fils, et on lui donnera le nom d'Emmanuel, ce qui signifie Dieu avec nous. »
Matthieu 1:23
Ce que Matthieu fait dire au nom
Matthieu lit la naissance de Jésus comme l'accomplissement de ce signe ancien. Le nom d'Emmanuel résume sa thèse : en cet enfant, Dieu est avec les hommes. L'évangile s'ouvre sur cette affirmation et se referme sur une promesse proche, je suis avec vous. Le fil part d'un signe donné à un roi et arrive à une présence.