Zacharie annonce un jour où le peuple regardera vers celui qu'ils ont percé et pleurera sur lui. Ce verset se lit en Zacharie 12:10. Jean, témoin de la crucifixion, cite ce texte quand un soldat perce le côté de Jésus. Il l'écrit en Jean 19:37. L'évangéliste relie donc la scène de la croix à une parole ancienne sur un homme transpercé.
Le regard tourné vers le transpercé
Chez Zacharie, Dieu répand un esprit de grâce, et le peuple tourne les regards vers celui qu'il a percé. Le deuil est comparé à celui d'un père qui perd un fils unique. Jean décrit la scène concrète : le coup de lance, le côté ouvert. Il ne développe pas, il pose la citation nue. C'est une manière de dire au lecteur que ce corps percé n'est pas un accident. Le texte prophétique avait déjà parlé d'un être percé sur qui les regards se lèvent. Jean lit la croix à travers cette parole.
« Alors je répandrai sur la maison de David et sur les habitants de Jérusalem Un esprit de grâce et de supplication, Et ils tourneront les regards vers moi, celui qu’ils ont percé. Ils pleureront sur lui comme on pleure sur un fils unique, Ils pleureront amèrement sur lui comme on pleure sur un premier-né. »
Zacharie 12:10
« Et ailleurs l’Écriture dit encore : Ils verront celui qu’ils ont percé. »
Jean 19:37
La portée du lien
Jean fait de la crucifixion la réalisation d'une image donnée par Zacharie. Le geste du soldat devient un signe. Le peuple appelé à regarder celui qu'il a percé rejoint, dans la lecture de Jean, ceux qui contemplent Jésus en croix. Le lien tient dans un seul verbe : regarder. La grâce annoncée par le prophète passe par ce regard levé vers le transpercé.