Osée regarde en arrière. Il parle de la sortie d'Égypte comme d'un père qui appelle son fils. La phrase désigne le peuple d'Israël. Matthieu reprend cette même phrase et l'applique à un seul enfant : Jésus, ramené d'Égypte après la fuite. Le lien entre les deux textes surprend, parce que le sens de départ et le sens d'arrivée ne visent pas la même personne.
Un peuple appelé, un enfant ramené
En Osée 11:1, mon fils désigne Israël. Le prophète évoque l'amour de Dieu pour un peuple jeune, tiré d'Égypte. Rien, dans le contexte immédiat, ne parle d'un individu à venir. Matthieu relit ce verset après la fuite de la famille en Égypte pour échapper à Hérode. En Matthieu 2:15, le retour de l'enfant accomplit la parole j'ai appelé mon fils hors d'Égypte. L'évangéliste lit l'histoire de Jésus comme une reprise du parcours d'Israël. Ce que le peuple a vécu, l'enfant le revit.
« Quand Israël était jeune, je l'aimais, Et j'appelai mon fils hors d'Égypte. »
Osée 11:1
« Il y resta jusqu'à la mort d'Hérode, afin que s'accomplît ce que le Seigneur avait annoncé par le prophète : J'ai appelé mon fils hors d'Égypte. »
Matthieu 2:15
Une lecture par correspondance
Matthieu ne prétend pas qu'Osée pensait à Jésus en écrivant. Il lit une correspondance de figures. Israël est appelé fils, sort d'Égypte. Jésus est appelé Fils, sort d'Égypte à son tour. L'évangéliste pose Jésus comme celui qui reprend et mène à terme l'histoire du peuple. Le titre de fils passe du collectif à une personne.