« Tu aimeras ton prochain comme toi-même. » On croit lire une parole de Jésus. C'est d'abord une ligne du Lévitique (19:18), coincée entre une règle sur la vengeance et, quelques versets plus loin, une interdiction de croiser deux espèces de bétail. Le Nouveau Testament l'a extraite de là pour en faire la clé de tout.
Cité par tout le monde
Jésus en fait le second grand commandement, juste après aimer Dieu (Marc 12:31, repris en Matthieu 22:39). Paul écrit deux fois que ce seul verset accomplit toute la loi (Romains 13:9, Galates 5:14). Jacques l'appelle « la loi royale » (Jacques 2:8). Le même verset de l'Ancien Testament, repris par trois auteurs différents, comme la clé de voûte de l'éthique chrétienne.
« Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Je suis l’Éternel. »
Lévitique 19:18
« Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Il n’y a pas d’autre commandement plus grand. »
Marc 12:31
Ce que l'homme y avait ajouté
En Matthieu 5:43, Jésus cite le verset, puis dénonce ce qu'on lui avait collé après la virgule : « et tu haïras ton ennemi ». Cette moitié-là n'est nulle part dans la Bible. C'est un ajout humain, un raccourci confortable. Jésus la fait sauter au verset suivant : « Aimez vos ennemis. » Le commandement de Dieu disait « aime » ; l'homme avait glissé « sauf ceux d'en face ».