Genèse 15:6 tient en une ligne : « Abram eut confiance en l’Éternel, qui le lui imputa à justice. » Paul, en Romains 4:3, cite ce verset presque à l'identique et le pose comme point de départ. Il demande : que dit l'Écriture ? Et il répond par ce texte. Toute son argumentation sur la foi se construit sur cette phrase de la Genèse.
Une déclaration avant la loi
Le moment compte. Dans la Genèse, Abram n'a pas encore de circoncision, pas encore de loi donnée à Sinaï. Dieu lui promet une descendance nombreuse. Abram fait confiance à cette promesse. Le texte dit alors que cette confiance lui est comptée comme justice. Paul s'appuie sur cet ordre des choses. La justice est déclarée à cause de la foi, avant tout accomplissement de la loi. C'est le cœur de Romains 4. Abraham devient l'exemple que Paul oppose à l'idée d'une justice gagnée par les œuvres.
« Abram eut confiance en l’Éternel, qui le lui imputa à justice. »
Genèse 15:6
« Car que dit l’Écriture ? Abraham crut à Dieu, et cela lui fut imputé à justice. »
Romains 4:3
Ce que Paul en tire
La portée est théologique et directe. Paul ne bâtit pas sa doctrine sur une intuition. Il la bâtit sur un verset ancien qu'il cite. Si la justice a été imputée à Abraham par la foi, alors elle peut l'être à d'autres de la même manière. Le raisonnement remonte à Genèse 15:6 et en fait sa preuve. Abraham cesse d'être seulement l'ancêtre d'Israël. Il devient le modèle de tout croyant qui reçoit la justice sans l'avoir méritée.